Les banderoles anti-austérité quadrillent l'Europe

  

La colère va résonner dans les pays du Sud, de l'Est mais également à Bruxelles, où un défilé est prévu devant le bâtiment de la Commission européenne.

Les grands titres de la presse européenne sont au diapason pour annoncer la couleur du 14 novembre. «C’est le jour de la protestation globale », annonce le site du quotidien italien La Repubblica. « Grève au Portugal pour la journée d’action européenne », répond le journal portugais Publico. « La grève paralyse la plupart des grandes usines », observe El Pais, qui propose une couverture minute après minute de cet événement, dans un pays qui a connu « huit grèves générales depuis la restauration de la démocratie ».

L’accueil sous les lazzis de la chancelière allemande Angela Merkel, lors de son passage le 12 novembre à Lisbonne, donnait déjà la mesure de l’exaspération des citoyens du Sud. C’est d’ailleurs au Portugal, pays souvent présenté comme l’élève modèle de la Troïka, que le cordon européen de la mobilisation du 14 novembre est né.

Ancrée dans les pays méditerranéens, elle sera aussi relayée en France par la CGT et la CFDT, et dans certains pays d’Europe de l’Est mais aussi à Bruxelles par la Confédération européenne des syndicats emmenée par Bernadette Ségol, qui défilera devant le Berlaymont à la mi-journée.

Points d'appuis pour François Hollande

« Les emplois décents et les piliers de l’état providence devraient être au cœur de toutes les politiques européennes et nationales. En se focalisant uniquement sur l’assainissement budgétaire, et non sur l’investissement pour le développement durable de nos économies, l’injustice et les inégalités sociales ne feront que croître – surtout pour les jeunes », dénoncent les organisations dans une déclaration.

Interpellé sur le sujet lors de sa conférence de presse du 13 novembre, François Hollande reconnaît une certaine convergence entre les mots d’ordre des manifestants et le projet de « réorientation » de l’Europe dont il a fait un leitmotiv politique.

A travers la «  coordination des politiques économiques, la croissance, la solidarité, l’approfondissement de l'union économique et monétaire, il y a des points d'appui dans le mouvement syndical que nous pouvons utiliser », a-t-il répondu. Ces manifestations ne vont pas mettre en cause notre politique, mais plutôt la soutenir », a ajouté le président, qui se garde « de les récupérer. »

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