L’agence s’inquiète tout particulièrement de la France qui pourrait être le seul pays « AAA » à voir sa note abaissée de deux crans.

La persistance des désaccords sur la sortie de la crise, la menace d’un assèchement du crédit et l'emballement des taux obligataires pourraient bientôt faire tache sur le carnet de notes des meilleurs élèves de la zone euro.
Standard & Poor's a annoncé, lundi 5 décembre, avoir placé sous surveillance négative la dette de 15 pays de la zone euro, dont la France et l’Allemagne.
Une décision qui, d’ordinaire, ouvre la voie à une dégradation de la notation souveraine dans les trois mois. Mais l’agence a fait savoir qu’elle pourrait cette fois-ci donner son verdict plus rapidement.
Un cran pour tous, deux pour la France
S&P met une pression particulière sur la France, menaçant d’abaisser sa note de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays « AAA » de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas).
L’agence s’inquiète des conséquences pour le pays de l'aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires au sein de la zone euro.
Plus particulièrement, elle estime que "[l’insuffisance] de liquidités et la détérioration de la qualité des actifs des banques françaises pourraient augmenter la possibilité d'un besoin d'injection de capitaux supplémentaires par l'Etat".
Ce à quoi le ministre français des Finances, François Baroin, a répondu qu'il n'y aurait pas de troisième plan de rigueur en France ni de capitaux publics engagés pour renforcer les fonds propres des banques.
« Nous avons de la marge pour un éventuel ralentissement économique » et « tout est fait pour permettre aux banques de maintenir l’irrigation de l’activité économique », a-t-il déclaré dans la soirée du 5 décembre sur France 3.
Volonté franco-allemande
Paris et Berlin ont réagi rapidement à l’annonce de S&P, mardi 6 décembre. Dans un communiqué commun, ils réaffirment « leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes, pour assurer la stabilité de la zone euro ».
"La France et l'Allemagne réaffirment que les propositions formulées aujourd'hui conjointement permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance."
Le sommet européen des 8 et 9 décembre, souvent considéré comme le rendez-vous de la dernière chance, est censé aboutir à un accord, largement insufflé par la chancellerie allemande et la présidence française.




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