Réduire les émissions de carbone sans prendre de risque financier : l’exemple londonien

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Les autorités de Londres et de ses environs (Greater London Authority) ont présenté un nouveau programme qui devrait permettre au secteur public d’économiser 6 millions de livres (7,4 millions d’euros) et 36 000 tonnes de carbone d’ici 2015.

Alors que les organisations du secteur public sont confrontées à une période d'austérité sans précédent, les ordres se multiplient en matière de réduction des coûts, d'amélioration de l'efficacité, mais aussi de réduction des émissions de carbone et de la consommation d'énergie.

Boris Johnson, le maire de Londres, s'est engagé à atteindre des objectifs qui pourraient faire de la capitale britannique l'agglomération la plus écologique au monde, en réduisant les émissions de CO2 et la consommation d'énergie de 60 % d'ici 2025.

Une part importante du CO2émis dans la capitale provient des bâtiments du secteur public. La ville se doit donc de concentrer ses efforts sur l'efficacité de ces bâtiments. Les gouvernements locaux devront prendre des mesures. Selon certaines estimations, jusqu'à 80 % des bâtiments appartenant à des mairies ou consacrés à la santé et l'éducation seront encore utilisés en 2050.

La Greater London Authority propose une solution via son programme de rénovation RE:FIT, qui pourrait à lui seul mener à une réduction de 100 000 tonnes de CO2 avant 2015.

Ce programme aide les organisations publiques à équiper les bâtiments en technologies d'économie d'énergie qui n'existaient pas lors de leur construction. Les mesures de rénovation comprennent de nouveaux systèmes de gestion des bâtiments, la production combinée chaleur-électricité, des panneaux solaires photovoltaïques, des éclairages à faible consommation d'énergie et des chaudières neuves et efficaces.

Dans le cadre d'un projet pilote ces équipements ont été installés dans 42 bâtiments actuellement occupés par les transports de Londres, la police et les sapeurs-pompiers londoniens. Ce programme a ensuite été appliqué dans 44 autres bâtiments à travers les quartiers de la capitale, occupés par des universités, des hôpitaux et des organisations culturelles.

Les économies potentielles que peuvent générer ces rénovations en termes d'énergie et de coûts sont considérables. L'installation de nouvelles technologies dans les bâtiments du programme pilote a permis aux organisations concernées d'économiser plus de 7000 tonnes de CO2 par an et plus d'un million de livres (1,23 million d'euros).

Au total, 100 bâtiments du secteur public ont mis en oeuvre ce programme ou s'y sont inscrits avant mai 2012. Quelque 43 organisations se sont déjà engagées à y participer.

Le programme RE:FIT comporte très peu de risques financiers pour les mairies. Les entreprises de service énergétique qui ont travaillé sur ce projet garantissent que les modifications apportées à ces bâtiments réduisent la consommation d'énergie dans un délai convenu. Cela permet de transférer les risques du secteur public au secteur privé.

Les participants ont en outre accès à des compétences et un soutien spécialisés. Un organisme de développement financé par le Mécanisme européen d'assistance à l'échelle locale dans le domaine de l'énergie (ELENA) de la Banque européenne d'investissement  à hauteur de 2,67 millions de livres (3,28 millions d'euros) a été mis sur pied pour superviser la mise en oeuvre rapide du programme et en devenir le visage.

Cet organisme permet aux participants de s'adresser à un guichet unique  et aide les autorités concernées à comprendre comme appliquer ce programme à leurs bâtiments. Il offre également un soutien lors de l'élaboration d'appels d'offres et aide à choisir les fournisseurs adaptés. Tous les projets entrepris via RE:FIT y sont supervisés. Des rapports sur les impacts globaux et le succès de ces projets doivent être remis afin que les nouveaux programmes du secteur public puissent en tirer des leçons.

Cet organisme de développement est aussi chargé de gérer les performances des entreprises de services énergétiques. Tout ceci est effectué à frais zéro pour les participants.

A Londres, quelque 297 bâtiments supplémentaires devraient en bénéficier l'année prochaine. Dans le cadre de ce programme, un total de 600 bâtiments publics devraient être rénovés d'ici 2015. Ces bâtiments comprennent notamment des mairies, des bibliothèques et des musées. Le programme pourrait entraîner des économies annuelles de l'ordre de 6 millions de livres (7,38 millions d'euros) sur les factures d'énergie et de 36 000 tonnes de carbone, soit l'équivalent de 60 000 véhicules retirés des routes londoniennes.

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