Les PME doublement pénalisées par la crise

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L'aggravation de l'état des banques européennes pourrait avoir des effets néfastes sur les flux financiers destinés aux petites entreprises qui souffrent déjà beaucoup des conséquences de la crise, ont mis en garde des dirigeants politiques et des spécialistes du secteur.  

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a déclaré la semaine dernière que les banques de la zone euro devaient renforcer leurs bilans, alors que les craintes s'intensifient s'agissant de l'exposition du secteur à la dette grecque.

La décision de la Banque de Chine d'interrompre les swaps de change avec plusieurs banques européennes et les opérations de la BCE sur le marché monétaire sont les derniers signes en date montrant que les déboires économiques de l'Europe se propagent au secteur financier.

« Le secteur bancaire européen doit renforcer ses bilans et améliorer sa résilience », a déclaré M. Trichet, ce qui a encore renforcé les craintes d'un resserrement imminent du crédit.

La Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, l'organisation française qui représente les PME, a quant à elle prévenu que l'instabilité croissante du secteur bancaire menaçait d'assécher les lignes de crédit accordées aux PME.

Les PME punies

 L'organisation a déclaré dans un communiqué : « La solidité des banques françaises doit être incontestable, sans quoi l'ensemble des acteurs économiques, dont les PME, seront durement pénalisées par la raréfaction du crédit ».

Les banques européennes subissent non seulement des pressions en raison de la crise de l'euro, mais également en raison du durcissement de la réglementation et des exigences redoutées concernant les capitaux dans le cadre du régime des Accords de Bâle III.

L'eurodéputé danois Bendt Bendtsen, qui préside le cercle des PME au Parti populaire européen (PPE), a déclaré : « Les règles plus strictes de Bâle sur les capitaux ne frapperont pas les grandes entreprises comme Siemens ou Carlsberg. Elles ont accès aux capitaux par le biais de leurs flux de trésorerie, et cette crise frappe les petites entreprises beaucoup plus durement que les grandes ».

En octobre, la BCE devrait publier son dernier rapport sur les conditions d'accès au financement pour les PME. M. Bendtsen a déclaré : « Ce n'est pas compliqué : au cours de ces six derniers mois, les PME ont eu plus de difficultés à obtenir des fonds. Lorsque je parle avec mes collègues du cercle des PME, je me rends compte que le problème est le même dans tous les Etats membres, les banques ont besoin de plus de capitaux pour traverser cette période difficile et il est donc plus difficile pour les PME d'avoir accès aux financements ».

Difficile de se maintenir à flot

Selon Gerhard Huemer, le directeur des affaires économiques et budgétaires à l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), cette aggravation de la situation survient à un moment critique, dans la mesure où les PME les plus faibles n'ont pas pu investir ces six derniers mois.

« Elles vont peiner à rester sur le marché », a-t-il affirmé.

Pour leur part, les Français ont réagi en créant un mécanisme de financement des PME via un nouveau partenariat entre le fonds public CDC Entreprises, la banque publique Oseo et le Fonds stratégique d'investissement national.

Qualifiée de « super banque des PME », cette nouvelle structure vise à rationaliser les différents mécanismes d'aide au financement de l'Etat pour les PME françaises et à simplifier les procédures via lesquelles les entreprises peuvent demander des fonds.

L'UE devrait publier un plan d'action sur l'accès au financement pour les PME en décembre de cette année.

Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Réactions: 

« Je m'inquiète un peu à propos des Accords de Bâle III, car tout le monde sait que les banques ont besoin de plus d'argent et donc que les PME rencontreront plus de problèmes à obtenir des capitaux », a déclaré l'eurodéputé danois Bendt Bendtsen qui préside le cercle des PME du PPE. Il a ajouté : « Les règles plus strictes de Bâle sur les capitaux ne frapperont pas les grandes entreprises comme Siemens ou Carlsberg. Elles ont accès aux capitaux par le biais de leurs flux de trésorerie, et cette crise frappe les petites entreprises beaucoup plus durement que les grandes ».

« Ce n'est pas compliqué : au cours de ces six derniers mois, les PME ont eu plus de difficultés à obtenir des fonds. Lorsque je parle avec mes collègues du cercle des PME, je me rends compte que le problème est le même dans tous les Etats membres, les banques ont besoin de plus de capitaux pour traverser cette période difficile et il est donc plus difficile pour les PME d'avoir accès aux financements. Au Danemark, les lignes de crédit sont moins facilement accordées aux petites entreprises, et c'est le cas partout en Europe », a-t-il expliqué.

« En ce moment, de manière générale, les meilleures entreprises ont accès au financement, mais les entreprises plus faibles, qui ont tout juste survécu à la crise, n'y ont pas accès et sont donc incapables d'investir, elles peinent à rester sur le marché », a avancé Gerhard Huemer, le directeur des affaires économiques et budgétaires à l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME).

« Nous observons également une différence croissante entre les pays en difficulté comme la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, où il n'y a pas d'accès à de l’argent frais, et les autres pays de la zone euro », a conclu M. Huemer.

Prochaines étapes: 
  • Déc. 2011 : la Commission européenne (DG Entreprise) publiera un nouveau plan d'action sur l'accès au financement pour les PME.
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