Alors que la majorité des banques européennes ont passé avec succès leurs tests de résistance, les investisseurs devraient se concentrer sur les groupes ayant réussi de justesse, lors de l'ouverture des marchés.

Documents officiels
Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
Réaction de Christine Lagarde aux stress tests, vendredi 23 juillet 2010
Seules sept banques européennes ont échoué aux tests de résistance pratiqués sur les banques européennes, dont les résultats ont été connus vendredi 23 juillet. Parmi elles, cinq établissements espagnols pourraient avoir besoin de lever 3,5 milliards d'euros de fonds propres, soit nettement moins que prévu.
Néanmoins, la qualité des tests, destinés à évaluer la capacité de résistance des banques à une nouvelle récession sur les deux prochaines années, a été critiquée, certains les jugeant notamment trop faciles.
Le bilan de ces tests a par ailleurs été quelque peu éclipsé par une foule de données sur les économies européennes. Celles-ci suggèrent que les banques pourraient être confrontées à des pressions économiques moins fortes et des défauts sur les prêts moins importants que prévu.
En conséquence, les investisseurs devraient se faire leur propre opinion au cas par cas, notamment grâce aux données supplémentaires fournies par les tests sur les portefeuilles de dette souveraine, pour déterminer quels pourraient être les prochains points faibles du secteur.
Le nombre de banques ayant échoué est si faible que les investisseurs vont se demander si les scénarios économiques ont été "suffisamment sévères", estime Jon Peace, analyste chez Nomura.
"Il est naturel pour les investisseurs d'examiner la marge avec laquelle les banques sont passées", ajoute-t-il, en citant la bonne marge de succès des établissements scandinaves et britanniques, alors que les banques grecques, espagnoles et italiennes s'en sont sorties avec plus de difficultés.
Pour réussir les tests, les banques devaient parvenir à maintenir un ratio de solvabilité d'au moins 6%. Dix sept établissements ont affiché un ratio Tier 1 compris entre seulement 6 et 7%.
Parmi ces établissement figurent notamment Deutsche Postbank, Piraeus Bank, Allied Irish Banks, Monte dei Paschi di Siena, UBI Banca, Bankinter ainsi que huit petits établissements espagnols.
Si l'un des objectifs des tests était de faciliter le financement par les marchés de banques ayant rencontré dernièrement des difficultés en la matière, les établissements encore jugés trop risqués pourraient néanmoins continuer d'avoir des problèmes sauf à lever plus de capitaux.
"L'histoire n'est pas nécessairement terminée, et si les coûts de financement ne s'améliorent pas pour certaines banques, alors on ne serait pas surpris de voir des tests de résistance supplémentaires (réalisés) par certaines banques centrales nationales à l'avenir", prévient Jon Peace.
Mais les investisseurs pourraient également faire leurs propres tests. "Nous avons toutes les données sur l'exposition aux dettes souveraines, et nous pouvons avancer et faire nos propres tests", souligne ainsi Nial O'Connor, analyste chez Credit Suisse.
Alors que les investisseurs vont prendre position sur les résultats des tests de résistance lundi à l'ouverture des marchés, les gouverneurs des banques centrales et les responsables des autorités de surveillance se réuniront en Suisse afin d'examiner les propositions de réformes sur le renforcement des fonds propres des banques.
Après leur réussite aux tests de résistance, les banques européennes pourraient avoir du mal à faire valoir qu'elles ne peuvent pas appliquer une réglementation financière plus stricte. "Les banques sont prêtes à commencer à appliquer les nouvelles règles qui sont nécessaires pour renforcer les réserves de fonds propres et la gestion de liquidités des banques", a d'ailleurs assuré à Reuters Insider, après la publication des résultats des tests de résistance, Vitor Constancio, vice-président de la BCE.
POSITIONS:
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, s'est félicité, dans un communiqué, vendredi 23 juillet, que les banques françaises passent toutes le test "avec une marge significative, qui les place largement au-dessus du seuil de 6% de ratio de solvabilité sur fonds propres de base (« tier one ») en 2011, dans le scénario le plus dégradé."
"Ces bons résultats traduisent la solidité d’ensemble du secteur bancaire français et en particulier le renforcement significatif des fonds propres des banques françaises au cours des derniers mois, ainsi qu’une exposition au risque souverain maîtrisé. Ils démontrent ainsi la pertinence du modèle de réglementation et de supervision français, fondé sur une approche exigeante de prévention des risques. Les efforts des autorités françaises au cours de la crise financière en 2008 et 2009 pour stabiliser le système financier français ont donc porté leurs fruits", a-t-elle ajouté.
"A la lumière des résultats publiés vendredi, nous constatons que la plupart des banques européennes sont solides, et je m'en réjouis. Néanmoins ces bons résultats ne doivent pas nous amener à négliger la mise en place de normes, notamment en matière d'exigences de fonds propres", a déclaré le député européen Jean-Paul Gauzès, à l'issue des résultats.
"Plus que jamais, notre Groupe reste vigilant sur l'adoption des législations en cours (Bâle III). Notre priorité est de concilier, d'une part, l'exigence de solidité des banques, en imposant à celles-ci des ratios raisonnables de fonds propres, et d'autre part, les besoins de financement de l'économie réelle", a-t-il conclu.





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