La Commission européenne a proposé une série de mesures visant à protéger les épargnants des risques de faillite des banques. Un geste destiné à restaurer la confiance dans le système bancaire et prévenir la panique en cas de crise financière.
Positions
Bureau européen des unions de consommateurs
Les nouvelles règles de systèmes de garantie des dépôts : un pas dans la bonne direction
Documents officiels
Améliorer les garanties de dépôts bancaire et la protection des petits investisseurs. C'est l'objectif du plan proposé, lundi 12 juillet, par le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier.
L'objectif est d'introduire des garanties contre la faillite des compagnies d’assurance avec un minimum de conditions préalables communes à travers l’Europe.
Empêcher la panique bancaire
Lorsque la crise américaine des prêts hypothécaires à hauts risques a touché l’Europe, les épargnants britanniques inquiets se sont précipités dans leurs banques pour transférer leurs dépôts dans les succursales britanniques de banques irlandaises, qui sont protégées par un système gouvernemental de garantie des dépôts illimité. Les banques britanniques se sont ainsi retrouvées sans liquidité, y compris celles qui n'ont été que marginalement affectées par la crise.
Pour pallier à l'avenir ce type de problème, la Commission européenne a réagi en augmentant le système de garantie de dépôts à l’échelle de l’Europe à 50 000 euros jusqu’en juin 2010, avec la possibilité d’augmenter le plafond à 100 000 euros d’ici la fin de l’année.
Dans ses nouvelles mesures de protection des consommateurs, la Commission confirme le plafond de dépôt de garantie de 100 000 euros. En cas de faillite bancaire, les consommateurs pourront récupérer leur argent d’un bout à l’autre de l’Europe, dans la limite de ces 100 000 euros de valeur totale.
M. Barnier propose également de réduire la période de remboursement à sept jours au lieu du maximum actuel de 42 jours. L'avant projet de la Commission prévoyait une période de remboursement de trois jours, mais les Etats membres et le Parlement européen ont fait pression pour que celle-ci soit rallongée.
Les banques devront également protéger les économies des épargnants en mettant au point des systèmes de dépôts de garantie financés régulièrement sur la base du risque financier qu’elles prennent. Si ces systèmes s’avèrent insuffisants pour couvrir les pertes, un système d’emprunts entre les banques viendra les aider.
Les clients risquent peut être de devoir payer eux-mêmes pour ces garanties plus fortes, à travers des frais bancaires plus élevés, ou des taux d’intérêt réduits sur leurs dépôts. Toutefois, la Commission a calculé que les frais excédentaires seraient de 7 à 12 euros par an par compte. Quant aux frais bancaires, ils ne pourraient être réduits que de 0,1% maximum.
Eviter un autre scandale Madoff
Au milieu de la crise financière de 2008, les investisseurs mondiaux ont découvert qu’une fraude financière considérable avait touché un certain nombre de sociétés d’investissement, affectant directement leurs propres investissements.
Derrière le scandale se trouvait l’ancien PDG du Nasdaq Stock Exchange Bernard Madoff, qui a monté la plus grande fraude fiscale de l’histoire, d’une valeur de près de 50 milliards de dollars US – via son fonds de couverture. Madoff a utilisé la législation, également en vigueur en Europe, qui ne protège pas les investisseurs lorsque leurs biens sont gérés par un tiers.
La Commission propose de changer les règles actuelles de façon à étendre la couverture des investisseurs aux cas tels que celui exposé par le scandale Madoff. Bruxelles suggère aussi des remboursements plus rapides et plus de compensations pour les investissements perdus atteignant 50 000 euros, au lieu des 20 000 actuellement prévus.
Les nouvelles mesures couvriraient les pertes liées à la fraude, à la mauvaise gestion et à la négligence, mais pas celles dues aux risques de placements, qui seront toujours supportées par les investisseurs eux-mêmes.
Contre les faillites des assurances
La proposition la plus audacieuse concerne les fonds de garantie d’assurances, prévus pour protéger les assurés de la potentielle faillite de leur compagnie d’assurance.
Jusqu’à présent, seuls 11 des 27 Etats membres de l’UE ont mis ces systèmes en place. La plupart des pays ne prévoient pas de protections pour les clients dans l’éventualité de la faillite d’une compagnie d’assurance. Un tiers de l’intégralité du marché des assurances manquerait de couverture dans le cas où une compagnie d’assurance devrait mettre la clé sous la porte, estime la Commission.
Dans la plupart des pays européens, les consommateurs pourraient donc perdre toutes leurs économies confiées aux polices d’assurances et autres entreprises d’assurances. Michel Barnier lance donc un débat sur la nécessité de mettre en place un système de garantie, qui sera appliqué de manière homogène à travers tous les pays de l’UE.
Mais les divergences légales nationales rendent l’établissement d’un système européen commun difficile. Pour le moment, l’approche la plus réaliste, selon la Commission, consiste à mettre en place des systèmes pertinents au niveau national. Une manière de garantir que tous les Etats membres soient en position d’assurer des niveaux de protection englobants et uniformes des assurés et des bénéficiaires dans des cas d’insolvabilité de l’assureur. Selon Bruxelles, la taille d’un système de garantie d’assurance devrait être fixée à 1,2% de la prime brute émise annuellement.
POSITIONS:
Dans un communiqué, le bureau européen des consommateurs (BEUC) a "salué" les propositions de la Commission. Le BEUC émet toutefois des réserves sur deux sujets.
CALENDRIER
- 30 novembre 2010: Fin de la période de consultation sur les systèmes de garanties d’assurance.
- 2012-2013: Entrée en vigueur probable des mesures de protection des épargnants et des investisseurs.
Contexte
Les marchés financiers à travers le monde se sont emballés à la suite de la crise américaine des prêts hypothécaires à hauts risques au début du mois d’août 2007. Une situation qui a obligé les banques centrales à injecter d’énormes sommes afin de maintenir le système sur les rails et de parer à une possible crise des liquidités.
La crise a fait irruption sur le contient européen à la fin du mois de septembre 2008, forçant les gouvernements à se précipiter pour sauvegarder un certain nombre d’institutions financières, parmi lesquelles des géants tels Fortis et ING.
Les institutions européennes ont approuvé un certain nombre de mesures visant à restaurer la confiance dans les marchés financiers. Les garanties sur les dépôts bancaires ont été relevées et une révision des règles de protections des investisseurs a été annoncée.




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