Seuls quatre pays européens seront présents au Sommet de Washington le 15 novembre prochain pour discuter de la refonte du système financier international. Réunis le 7 novembre à Bruxelles, les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UE tentent d’aplanir leurs divergences afin de défendre efficacement les intérêts du Vieux continent.
Documents officiels
Revue de presse
Le Figaro
La crise aggrave les déficits publics françaisAgence France Presse
UE
Après l’accord de Camp David du 18 octobre (EurActiv.fr 20/10/2008), le sommet de Washington intervient dans un climat de morosité économique que l’élection de Barack Obama à la Présidence américaine n’a pas enrayé.
Le 6 novembre, la BCE et la Banque d’Angleterre ont de nouveau baissé leurs taux d’intérêt directeurs, respectivement de 0,5 et de 1,5 point pour les porter à 3,25 % et à 3 %. Tandis que le Fonds monétaires international (FMI) prévoit une récession économique, la plus grave depuis la fin de la secondes guerre mondiale. En France, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a officiellement réduit la croissance à la baisse, c’est à dire entre 0,2 % à 0,5 % du PIB. Des chiffres qui font passer le déficit public à 3,1 %, c’est à dire au-dessus du seuil de Maastricht.
Risque de cacophonies européennes
Transparence, normes comptables, responsabilités des opérateurs financiers, meilleure régulation, renforcement du FMI : sur l’ensemble des projets de réforme du système financier international, les Etats membres considèrent que l’UE doit être un acteur de premier plan. Néanmoins, les ministres des Finances n(ont pas réussi à établir une position commune les 3 et 4 novembre : l’Allemagne et le Royaume-Uni ont ainsi fait savoir que les propositions de la Présidence française étaient trop détaillées. Il revient désormais aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de rédiger une feuille de route pour la Présidence française, qui sera chargée de représenter les intérêts communautaires à Washington, au côté de José Manuel Barroso et Jean-Claude Trichet.
Pour Jérôme Creel, Directeur Adjoint de l’OFCE, «s’il existe une communauté de pensée sur les normes comptables et l’importance d’éviter l’opacité autour des actifs des banques, les convergences européennes se heurtent à des intérêts économiques particuliers. Or les normes européennes n’auront de sens que si elles sont mondialisées.»
Représentation de l’UE dans la gouvernance mondiale
Au final, le G20 pose également des questions de gouvernance et de représentation de l’UE au niveau international. Quatre pays européens – les membres du G7 – seront présents à Washington, tandis que les autres Etats membres de l’UE ne participeront que par le biais de la position commune qui devrait être élaborée le 7 novembre. Une source proche du dossier indique ainsi que «l’Europe doit améliorer sa représentation au niveau international : pour les matières économiques, notamment dans la zone euro, il faudrait un siège unique. A titre d’exemple, les banques espagnoles ont fait leur job par rapport à la crise, c’est quelque peu logique que l’Espagne soit mécontente de ne pas avoir voix au chapitre à Washington.»
De surplus, si l’activisme de Nicolas Sarkozy a été un atout au plus fort de la crise, il pourrait se retourner contre la Présidence française de l’UE. Sur le sujet connexe de la Présidence de l’Eurogroupe, les intentions prêtées au Président français – présidence française jusqu’en 2010, réunion au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement – passent mal. Notamment du côté du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, actuellement président de l’Eurogroupe, et de l’Allemagne, qui craignent une nouvelle fois une remise en cause déguisée de l’indépendance de la BCE.
Premier test des nouvelles relations transatlantiques
Alors que l’administration américaine entre dans une phase de transition jusqu’au 20 janvier 2009, date de la prise de fonction de M. Obama, le G20 constitue un premier test pour les relations transatlantiques, après huit années de Présidence républicaine. Le 15 novembre, Américains et Européens seront en premier lieu attendus sur leur capacité à s’ouvrir aux intérêts des pays émergents et leur propension à proposer plan d’action véritablement multilatéral.
Invité au G20, le nouveau président américain réserve encore sa réponse. Mardi 11 novembre, Bernard Kouchner se rendra à Washington pour présenter à Barack Obama un document de travail européen visant la relance des relations transatlantiques. Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a quant à lui appelé au lancement d’un new deal transatlantique.
CONTEXTE:
Créé en 1999 à la suite des crises financières asiatiques, le G20 est un forum qui associe le G8 et les principaux pays émergents. Quatre Etats membres de l’UE sont représentés : l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie. Les autres participants sont les Etats-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie, l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Turquie. L’UE est quant à elle représentée par le Président du Conseil européen et de la Banque Centrale Européenne.
Le Sommet international extraordinaire organisé à Washington le 15 novembre se veut une catharsis à la crise financière qui affecte l’ensemble des marchés mondiaux. En prévision du sommet de Washington, les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UE se réunissent à Bruxelles le 7 novembre pour un Conseil européen extraordinaire. Du 8 au 10 novembre, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se retrouvent de leur côté à Sao Paulo afin de préparer le Sommet du 15 novembre.




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