L'Allemagne et la France seraient sur le point d'envoyer une lettre à la Présidence tchèque de l'UE pour demander la réunion d'un Conseil européen extraordinaire sur la crise économique. Jeudi 5 février, le président français avait plaidé pour que les Etats européens trouvent une position commune sur le sujet.
Documents officiels
Présidence de la République française - Elysée
déclaration du G20
Selon des informations révélées par le Journal du Dimanche, le 8 février, Paris et Berlin devraient faire parvenir une lettre à la Présidence tchèque de l’UE ce lundi. Leur objectif: demander la réunion d’un Conseil européen extraordinaire sur la crise financière afin de renforcer la coopération économique et financière entre les Etats de l’UE. Selon le JDD, la France et l’Allemagne seraient tombés d’accord sur cette initiative, samedi 7 février, à l’occasion d’une conférence internationale sur la sécurité.
La coopération des Etats de l’UE dans la crise a été en outre largement évoquée par Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée, jeudi 5 février. « Il y a trois étages pour répondre à la crise : l’étage national français, l’étage européen et l’étage mondial », a déclaré le président de la République avant d’ajouter « la France peut et l’Europe doit vouloir. Parce que nous portons des valeurs qui sont des valeurs européennes, c’est à nous de faire triompher ces idées. »
Une position commune au G2O
« Le premier objectif que je me suis fixé c’est que l’Europe ait une position commune sur le sommet extrêmement important du 2 avril prochain à Londres », a expliqué le chef de l’Etat. Répondant à une question sur la nature de cette position, Nicolas Sarkozy a évoqué, sans la mentionner, les points de la déclaration conjointe adoptée par les 27, le 7 novembre, dans la perspective du G20 (EurActiv.fr 07/11/2008) :
- soumettre les agences de notation à un enregistrement et à une surveillance ;
- adopter des principes pour garantir une convergence des normes comptables ;
- décider qu’aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n’échappe à une régulation ou au moins à la surveillance ;
- mettre en place des codes de conduite pour éviter la prise de risque excessive dans l’industrie financière y compris dans le domaine des systèmes de rémunération ;
- confier au FMI la responsabilité et les ressources nécessaires pour recommander les mesures visant à restaurer la confiance et la stabilité du système financier international.
Quid de nos partenaires européens ?
Si la Chancelière Angela Merkel semble donc partager le point de vue français d’une réponse commune à la crise, il n’en va pas de même du Royaume-Uni.
« Gordon Brown n’est pas exactement sur cette ligne. Pourquoi ? Parce que la city est branchée sur les Etats-Unis. Mais, franchement, quant on voit la situation aux Etats-Unis et la situation au Royaume-Uni, on a pas envie de leur ressembler, » a indiqué Nicolas Sarkozy. Avant de conclure : « Par ailleurs, les Anglais ont fait le choix d’une relance par la consommation avec une baisse de deux points de la TVA dont on voit bien que ça n’a donné absolument aucun progrès ».
La voie empruntée par le Royaume-Uni ne nuit cependant pas, selon le chef de l’Etat, à l’établissement d’une coordination au niveau européen. « Ce n’est pas parce qu’on coordonne qu’on doit mettre en œuvre la même politique. Gordon Brown ne peut pas faire ce que je fais avec les constructeurs automobile, avec la filière bois ou avec ce que nous allons faire dans le bâtiment ou dans un certain nombre d’industrie parce qu’ils n’en ont plus», a-t-il déclaré.
CALENDRIER :
- 22 février 2009 : réunion des pays européens membres du G20
- 2 avril 2009 : réunion du G20 à Londres
L’EURO MENACE ?
Lors de son intervention, le président français est revenu sur les polémiques qui touchent aujourd'hui la monnaie unique européenne.
Répondant à une question sur les menaces susceptibles de peser sur l'euro, le président français a indiqué: « L’euro serait menacé si nous ne faisions pas tous des efforts de discipline. » « Deuxièmement, l’euro serait menacé si nous ne faisions pas preuve de solidarité entre les 15, bientôt 16, partenaires de la zone euro », a-t-il poursuivi. Avant de conclure: « Troisièmement, j’observe tous les jours l’évolution de ce qu’ils appellent les spread, les primes de risques sur un certain nombre de pays. En l’occurrence, sur la Grèce et sur l’Irlande, ça va mieux ces derniers jours. »




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