«Il y a aujourd’hui une responsabilité de ceux qui sont à la tête des institutions financières et qui ont reçu ce qu’ils ont demandé de la part des Etats. Ils doivent désormais se mobiliser, eux aussi, pour éviter des conséquences politiques et sociales dûes à la crise.» A l’issue d’une réunion convoquée vendredi 19 décembre à Paris par la ministre française de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, n’y est pas allé par quatre chemins: les institutions financières ont elles aussi leur rôle à jouer dans la résolution de la crise. Une manière de dire que les autorités publiques attendent désormais que se répercutent concrètement leurs efforts dans l’économie réelle, et pas seulement sur les marchés boursiers.

«Nous avons cruellement manqué d’un système d’alerte»

Malgré cela, les ministres présents ont examiné trois points spécifiques. Primo, la lutte contre les centres non-coopératifs, type paradis fiscaux, est devenu, en ces temps de crise, une des priorités.
Deusio, ils se sont penchés sur «différentes pistes pour augmenter le financement du FMI», financé actuellement à hauteur de 200 milliards de dollars par an.
Enfin, ils ont travaillé à la mise en place d’un système d’alerte précoce qui permette à l’Union européenne de proposer des alertes «dont nous avons cruellement manqué récemment», a estimé la ministre.

Pendant le dîner Joaquin Almunia, a pour sa part livré aux ministres son estimation de l’impact du plan de relance de l’économie européenne. «En attendant une information plus précise, on peut estimer les effet de ce plan à 0,85% du PIB», a-t-il indiqué. Un chiffre auquel il faut ajouter l’effet des «stabilisateurs automatiques», estimés autour de 1,5% pour 2009. «Soit un effet conjugué de 2,35%, sans compter les plans de recapitalisation nationaux», a indiqué Christine Lagarde à la presse.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, également invité à la réunion, a de son côté indiqué aux ministres qu’il restait «attaché» au pacte de stabilité et de croissance «dans tous ses aspects». Une manière de rappeler aux Etats membres que s’ils ont le droit de franchir la ligne rouge des 3% du PIB en raison de «circonstances exceptionnelles», les déficits nationaux devront tout de même rentrer dans le cadre du pacte de stabilité à partir de 2010.