« On doit encore trouver un consensus sur le processus de gouvernance économique», a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le 27 janvier, à l’issue d’une rencontre avec le président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Des mots diplomates pour masquer les nombreuses divergences qui opposent les Etats membres sur le degré de contrainte dans la coordination des politiques économiques. Le débat sur le renforcement de la gouvernance économique est au programme du Conseil européen extraordinaire du 11 février prochain.

Dans une interview accordée le même jour au quotidien Les Echos, Jean-Claude Juncker a exprimé clairement les réticences de l’Allemagne: « L’Allemagne conteste l’idée même d’une coopération plus élaborée entre pays partageant la même monnaie, même si les décisions économiques des uns ont immédiatement un impact sur les économies des autres. »

Le renforcement de la gouvernance économique de la zone euro fait partie des revendications françaises depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Regrettant d’ailleurs que les deux pays lui fassent parfois « porter le chapeau » de leurs oppositions, Jean-Claude Juncker insiste sur l’importance d’un dialogue entre Paris et Berlin sur la gouvernance économique. Une discussion "que leurs dirigeants font parfois semblant d’avoir entamé, mais qu’ils n’ont pas vraiment approfondi", ajoute le premier ministre. 

L’Espagne, qui préside actuellement l’Union européenne, a proposé début janvier de mettre en place des objectifs économiques contraignants pour les Etats membres. «Le sommet informel du 11 février devra à mon avis donner naissance à des mesures incitatives et correctives liées aux objectifs fixés par notre politique économique », avait déclaré le premier ministre espagnol José Luis Zapattero. 

Sans plus de précision sur sa stratégie, Herman Van Rompuy a rappelé, lors de la conférence de presse, que le traité de Lisbonne prévoyait « un processus de mise en défaut et d’avertissement qui [peut] être assez contraignant.»

De son côté, le président de l’Eurogroupe a indiqué qu’il fallait « examiner plus en détail et plus en profondeur la situation compétitive de chaque pays de la zone (…) et attirer l’attention d’un pays qui s’écarterait de la moyenne sur les conséquences possibles de cette promenade solitaire ». Jean-Claude Juncker a proposé en outre d’édicter des objectifs à moyen terme pour les Etats afin « d’éliminer » les obstacles structurels limitant la croissance. Il faut « adopter des recommandations par pays pour atteindre ces objectifs et alimenter les débats nationaux. »