«Un plan d’action, un calendrier, et des personnes désignées.» Voilà, en résumé, les principales avancées du sommet du G20, qui a eu lieu à Washington le 15 novembre, à l’initiative de la Présidence française de l’UE et de la Commission européenne. C’est en tous cas en ces termes que le président français a synthétisé les résultats de la réunion, lors de la conférence de presse commune à l’issue de la réunion.

Le plan d’action arrêté lors de la rencontre tient en quatre grands principes :

  • Une relance coordonnée et concertée de l’action économique, par des mesures fiscales, budgétaires, ou par la politique monétaire.

Côté européen, la Commission fera une série de propositions en ce sens le 26 novembre prochain. Celles-ci seront débattues lors du Conseil européen de décembre. Et, «à la demande d’Angela Merkel», tel que Nicolas Sarkozy a pris soin de le préciser, ce thème sera au centre du sommet franco-allemand de novembre. L’arme monétaire devra être utilisée, a ajouté le président français.

  • Une nouvelle régulation des marchés financiers «pour que cette crise ne puisse pas se reproduire». Mais pas question de créer un super gendarme mondial. C’est bien une coordination des régulations qui sera mise en place.

  • Une nouvelle gouvernance économique mondiale, plus ouverte aux pays émergents, plus efficaces et plus juste. «Le mot plaît plus ou moins selon les pays, et ce sera l’un de deux sujets majeurs du prochain sommet», a précisé le président français.

  • Le refus du protectionnisme et le choix d’un monde ouvert aux échanges. Un point qui a le mérite de balayer les craintes de ceux opposés à la remise en cause, quelle qu’elle soit, du libéralisme mondial. «La crise n’était pas un échec du système de l’économie de marché», avait indiqué le président américain George W. Bush dans un discours prononcé le 13 novembre. «Et la réponse n’est pas d’essayer de réinventer ce système.»

Les ministres des Finances ont également été chargés de «formuler des recommandations supplémentaires» sur différents points que l’on retrouve d’ailleurs dans la déclaration publiée à l’issue de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européen le 7 novembre :

  • Enregistrement des agences de notation qui seront soumise à surveillance ;

  • Mise en place d’un système de rémunération des banquiers ;

  • Suppression des «trous dans la régulation. Tous les marchés, tous les acteurs sur tous les territoires feront l’objet d’une régulation», a précisé le chef de l’Etat;

  • Révision des normes comptables et prudentielles.

  • «Fin de la concurrence entre les places financières sous prétexte que certaines seront moins surveillées que d’autres.»

Qualifiée d’historique par le président de la République français, également président du Conseil européen, et par le président de la Commission européenne, cette réunion n’en est pas moins une première étape. Et pas la refonte du système de Bretton Woods souhaitée à l’origine par le président français.

La transition politique en cours aux Etats-Unis en est l’une des explications. Le président Bush ne pouvant pas s’engager à la place du futur président américain, Barack Obama, qui ne prendra ses fonctions que le 20 janvier prochain. Absent de la réunion, le président élu a cependant été informé des délibérations du G20. Georges Bush aurait d’ailleurs assuré que la future administration américaine serait «dans le même Etat d’esprit» que l’administration sortante, a rapporté Nicolas Sarkozy.

Prochaine réunion à Londres

De leur côté, les Européens ont affiché «une unité sans faille», a martelé Nicolas Sarkozy, qui en a d’ailleurs profité pour remercier quatre fois le ministre des Finances tchèque, Miroslav Kalousek d’avoir accompagné la délégation française à cette rencontre. Des remerciements tellement appuyés qu’ils ressemblaient plus à des excuses polies. En laissant filtrer qu’il se verrait bien rester à la tête de l’Eurogroupe en 2009, Nicolas Sarkozy s’était attiré les foudres de la République tchèque qui succédera à la France à la tête de l’UE le 1er janvier 2009.

Le président français a cependant ajouté: «La France ne disparaît pas parce que la France n’assure plus la Présidence [ndlr: du Conseil européen]. L’influence de la Présidence française se verra avec tout ce qu’on a semé.»

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 se sont donné rendez-vous avant le 30 avril. La rencontre devrait avoir lieu à Londres. Nicolas Sarkozy a en effet plaidé pour que leur prochain rendez-vous ait lieu dans la capitale du pays qui présidera alors le G20. Une confirmation devrait intervenir d’ici dix jours. Une deuxième réunion pourrait également avoir lieu en juillet à l’occasion du G8.