« C’était une bonne réunion », ont déclaré des sources britanniques en évoquant la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, en marge du Conseil européen, jeudi 10 décembre. Au cours d’un entretien d’une trentaine de minutes, le Français et le Britannique ont confirmé leur soutien à la taxation des bonus pour cette année annoncée dans une tribune commune dans le Wall Street Journal le matin même, selon des sources britanniques. La proposition franco-britannique avait été proposée par l’UE lors du G20 de Pittsburgh. Mais la communauté internationale s’était seulement mis d’accord sur le fait que "la culture" des bonus devait évoluer.  

La taxe sur les bonus des traders pourrait rapporter 550 millions de livres à la Grande-Bretagne, c’est-à-dire pas grand-chose.

Cette proposition est déjà «vivement soutenue par l’Allemagne» ont indiqué des sources britanniques à Bruxelles. Des propos à nuancer, puisque la chancelière allemande a qualifié de « sympathique» l’idée franco-britannique. Ce qui en langage diplomatique montre son peu d’enthousiasme sur la question. 

S’ils n’attendent pas une adhésion des 27 Etats membres de l’UE à leur proposition, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown souhaitent que celle-ci oriente les discussions dans le cadre du G20.

Colère des banquiers

En France, une loi de finance rectificative permettra la mise en place de cette décision, a indiqué l’Elysée.

Mais la volonté des deux pays de montrer leurs convergences sur des questions de régulation des marchés financiers vise surtout à marquer leur réconciliation. La City de Londres avait montré son inquiétude après les propos tenus par le président français à la suite de la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire au Marché intérieur et aux services financiers.

« On va aller ensemble rassurer la City, mais je préfère que l’inquiétude soit de ce côté de la Manche que chez nous.(…) Franchement, après tout ce qui s’est passé avec la crise financière, c’est quand même très rassurant que ce soient les idées françaises de régulation qui triomphent en Europe », avait déclaré le chef de l’Etat français le 28 novembre. Décidé à se rendre en Grande Bretagne pour calmer la colère des banquiers, Nicolas Sarkozy avait finalement dû renoncer, officiellement pour des raisons d’agenda.

Interrogées jeudi 10 décembre au Conseil européen sur la position des dirigeants britanniques à la nomination de Michel Barnier, des sources anglaises ont indiqué que le gouvernement approuvait « toutes les nominations » à la Commission.