Après avoir admis que l’Union n’atteindrait probablement pas son objectif de 12 % d'approvisionnement à partir d’énergies renouvelables en 2010, la Commission européenne a insisté sur le fait que la directive lui conférait suffisamment de pouvoir pour assurer la mise en conformité au niveau national.
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Directive sur les énergies renouvelablesCommission européenne
rapport sur le progrès des énergies renouvelables
Le dernier rapport de la Commission, publié le 24 avril, a montré que les Etats membres ont fait des progrès inégaux dans la réalisation de leurs objectifs, à savoir utiliser les énergies renouvelables dans les secteurs de l’énergie et des transports. Aussi conclut-il que l’UE attendra seulement le seuil de 19% d’énergies renouvelables pour l’électricité (au lieu de 21%) et 4% au lieu de 5,75% en matière de transports en 2010.
L’Allemagne se positionne en leader au sein du groupe des Etats membres qui ont déjà réalisés leurs objectifs. Mais beaucoup de pays échouent encore. Dans le secteur de l’électricité, par exemple, la part du renouvelable n’a pas augmenté, et a même diminué dans sept pays depuis 2004.
La Commission a soutenu que les lourdes procédures administrative, l’accès aux réseaux, et le manque de mesures de soutien adéquates sont responsables des faibles performances des Etats membres. Elle a estimé qu’un meilleur arsenal législatif est nécessaire pour surmonter ces barrières bien connues.
L’exécutif européen a déclaré qu’avec la récente directive sur les énergies renouvelables, adoptée au mois de décembre dans le cadre du paquet climat, l’Union est dans une «bien meilleure position» pour faciliter le développent des sources d’énergies renouvelables pendant les 12 prochaines années (lire le dossier d’EurActiv.fr sur le paquet énergie-climat).
Une mise en œuvre problématique
La directive actuelle donne le pouvoir à la Commission d’engager une action en manquement contre les Etats membres qui ne respectent pas leurs obligations. Ce qui a permis d’ouvrir 61 procédures depuis 2004, la plupart concernant l’Italie. 16 ne sont pas clôturées et la nouvelle version de la directive devrait entrer en vigueur le mois prochain.
Lors d’un séminaire sur les énergies durables à Bruxelles, la directrice de la fédération européenne des énergies renouvelables, Dörte Fouquet, a estimé que le manque d’objectifs obligatoires à moyen terme ou de mécanismes de sanction sont les points faibles de la nouvelle directive.
«Avec juste un objectif obligatoire pour 2020, la Commission a un poids important sur ses épaules pour pousser les Etats membres à agir», a-t-elle déclaré, avertissant que les procédures pré-contentieuses peuvent se poursuivre durant des années.
Le chef d’unité chargé de la promotion des énergies renouvelables au sein de la direction générale Energie et transports de la Commission, Hans van Steen, a énoncé que la Commission ne partageait pas cette analyse. La difficulté majeure, a-t-il déclaré, demeure liée aux bâtiments et systèmes de chauffage, pas au manque de mesures pour assurer la mise en œuvre de la législation.
M. Van Steen, a déclaré que l’Allemagne et le Danemark ont été les seuls Etats membres à soutenir l’idée d’objectifs intermédiaires à respecter, lors d’une réunion à l’automne 2006. Aussi était-il nécessaire de réaliser un compromis avec des objectifs intermédiaires indicatifs pour obtenir un seuil à atteindre obligatoirement de 20% à l’horizon 2020, introduit dans la nouvelle version de la directive, a-t-il souligné.
«Nous estimons toujours que la Commission a les outils légaux pour assurer l’application de la directive, et nous avons une trajectoire indicative fixée par la directive. Nous estimons que nous devons l’utiliser comme point de référence pour les Etats membres», a soutenu M.Van Steen.
«Avec la directive existante, nous avons seulement un objectif indicatif, et nous avons quand même réussi à convaincre le service juridique de la Commission que nous devions entreprendre des actions en justice contre un certain nombre d’Etats membres», a-t-il dit, insistant sur le fait que la mise en œuvre effective de la nouvelle version de la directive, qui contient un objectif final obligatoire, devrait être tout à fait possible.
Prochaines étapes:
- Mai 2009: la nouvelle directive sur les énergies renouvelables entrera en vigueur.
- Fin 2020: Le mix énergétique de l’UE devra comporter 20% d’énergies renouvelables.
CONTEXTE:
En 1997, la Commission européenne a publié un Livre blanc sur l’énergie renouvelable, annonçant son intention de doubler la part d’énergies renouvelables de l’UE pour atteindre 12% en 2010. Le document-cadre, visant à promouvoir le renouvelable, a abouti à deux directives publiées en 2001 et 2003. Elles mettent en œuvre des objectifs indicatifs pour chacun des Etats membres à réaliser pour 2010.
Le 23 janvier 2008, la Commission a proposé une nouvelle directive imposant un taux de 20%, d’énergies renouvelables dans la palette énergétique de l’UE, à réaliser en 2020.
La définition de chacun des objectifs nationaux, calculés sur la base du produit intérieur brut de chaque pays, a irrité certaines capitales européennes, qui ont remis en question le calcul intensif de la Commission.
Mais ces réserves ont pris fin pendant les négociations sur la directive, notamment du fait de l’utilisation de mécanismes flexibles comme les projets transfrontiers.
L’accord, adopté le 9 décembre 2008, exige de chaque pays de l’UE qu'il augmente de façon significative la part de ses énergies renouvelables dans sa palette énergétique, atteignant 20% d’énergies renouvelables en 2020.



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