Si la présidence suédoise n’a annoncé aucun montant global pour l’aide de l’UE aux pays en développement (PED) d’ici 2012, le chiffre de 1,8 milliard d'euros par an circule. L’UE serait également en marche vers la réduction de 30% de CO2 d’ici 2030, selon une source élyséenne.

Documents officiels
1,8 milliard d’euros par an pendant trois ans. C’est le montant que les Etats membres de l’UE seraient prêts à accorder aux pays en développement pour réduire leurs émissions de CO2 entre 2010 et 2012 inclus, selon des chiffres qui circulaient à l’issue de la première journée du Conseil européen, jeudi 10 décembre. « Plus de la moitié » des 27 ont accepté de participer, s’est borné à préciser la présidence suédoise de l’UE.
Les conclusions du Conseil européen des 29 et 30 octobre prévoyaient que les pays de l’UE contribueraient sur une base volontaire à ce premier financement. Tous les Etats membres ne participeront donc pas à l’aide aux PED, notamment ceux, « aidés par le FMI » comme la Hongrie, selon une source suédoise, ou qui pourraient l’être à l’avenir, comme la Grèce.
Ces 1,8 milliard d’euros de « financements prêts à être utilisés » (ou fast start funding) et promis à la présidence suédoise sont pour le moment en dessous du montant proposé par la Commission dans sa communication du 10 septembre dernier. Bruxelles avait évalué l’aide nécessaire au niveau international pour une première période de trois ans entre 5 et 7 milliards d’euros par an. La part de l’UE se situait aux alentours de 30% de cette somme, c’est à dire 2 milliards d’euros par an.
Le casse-tête des AAU
Le montant attribué par chaque pays n’est pas encore connu. La présidence suédoise additionne les sommes déjà annoncées. La Grande-Bretagne, qui milite pour une attitude ambitieuse de l’UE dans la lutte contre le changement climatique, a prévu d’allouer 880 millions d’euros sur trois ans aux PED. De son côté, la Suède a évoqué le chiffre de 765 millions, l’Espagne 300 millions.
La Pologne, qui dispose d’un trop-plein d’unités de carbones (AAU) attribuées dans le cadre de la première phase du protocole de Kyoto, a fait savoir qu’elle financerait le fast start en vendant de ces quotas d’air chaud pour environ 50 à 60 millions d’euros par an. « Il y a une grande demande d’AAU parce que beaucoup de pays ont dépassé leurs quotas », a indiqué le secrétaire d’Etat polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, en marge du sommet.
La question de la répartition entre les 27 du financement à long terme de l’aide publique aux PED au sein de l’UE n’a pas été tranchée pour le moment et ne devrait pas l’être d’ici la fin du Conseil européen. « C’est difficile pour les pays de dire aujourd’hui à quelle hauteur ils vont être en mesure de contribuer [à cette aide publique] d’ici quelques années », a indiqué un diplomate suédois à des journalistes.
Le financement de l’aide aux pays en développement est pourtant l’une des conditions du succès de la conférence internationale de Copenhague, censée déterminer l’avenir du protocole de Kyoto dont la première phase s’achève en 2012.
Reste que l’aide européenne dépend largement du montant que les Etats-Unis sont prêts à mettre sur la table. Or, la loi américaine sur le climat est actuellement embourbée au Sénat.
Décision politique
Pour les Européens, la question du passage de 20 à 30% de réduction d’émissions de CO2 d’ici 2020 reste posée. « Une majorité d’Etats membres pense qu’il faut annoncer 30% de réduction d’émissions de CO2 sous réserve », a indiqué une source élyséenne jeudi soir.
Si les 27 en ont discuté au Conseil européen, rien n’a pour le moment été tranché. « C’est une décision politique », ont estimé des sources suédoises. Les Européens ont conditionné cette offre à un engagement fort de la part de la communauté internationale.
Selon la Pologne, la directive ETS adoptée en avril 2009, prévoit la nécessité pour la Commission européenne de faire une étude d’impact sur le passage de 20 à 30%. Et une partie des Etats membres de l’Est de l’Europe serait sur la même ligne. « La Pologne n’a pas la moindre idée de ce que le passage de 20 à 30% va impliquer pour elle », a indiqué un diplomate en marge du sommet. Avant de rappeler que le texte européen prévoit simplement le devoir pour la Commission de décider dans les trois mois après Copenhague des modalités de la mise en œuvre de la directive.



Réagissez