La Commission européenne a présenté mercredi 17 juin sa vision d’un système de transports intégrés, «conviviaux» et à la pointe de la technologie après 2010. Mais les ONG environnementales lui reprochent de ne pas placer l’aspect durable au cœur de sa politique.
Documents officiels
Commission européenne
Un avenir durable pour les transports
Bruxelles développe la vision d’une politique durable des transports et de mobilité jusqu’à 2020 et veut initier un débat sur les options politiques concrètes pour les intégrer dans un livre blanc en 2010. La communication de la Commision conclut plusieurs études externes portant sur les politiques passées et les scénarios futurs, ainsi que des consultations avec les parties concernées.
« Nous devons avoir un mode de transport intégré qui couvre les différents modes de transport et facilite la mobilité des personnes et des biens à travers l’Europe », a déclaré le commissaire aux Transports Antonio Tajani.
«Ce sont le vieillissement de la population et l’urbanisation croissante qui obligent à prendre des mesures dans le domaine des transports», a-t-il précisé.
97% d’énergies fossiles
D’après la Commission, 84% de la population européenne vivra dans des zones urbaines d’ici à 2050, ce qui augmentera les encombrements et les problèmes environnementaux. « Le grand défi pour l’avenir des transports est de trouver comment y faire face », a déclaré le commissaire aux Transports.
Le principal défi environnemental est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Nos transports reposent encore à 97% sur les énergies fossiles. C’est pourquoi une partie importante de notre stratégie est de respecter l’objectif des "trois fois vingt" », a souligné Tajani (lire le dossier d’EurActiv.fr). 20% de la consommation énergétique de l’UE devront venir des énergies renouvelables.
Cependant, remplir ces ambitions ne sera pas possible sans exploiter les technologies innovantes, a expliqué le commissaire, rappelant le besoin de développer la recherche sur des véhicules plus fiables alimentés par des énergies alternatives.
POSITIONS :
Franziska Achterberg, conseiller pour la politique des transports chez Greenpeace, considère que, même si les études sur les émissions de CO2 des voitures, des avions et des navires augmentent, « la Commission n’a pas su déterminer des objectifs de réduction des gaz à effet de serre dans le transport ». Si la Commission ne s’attaque pas à ce sujet « brûlant », la croissance des transports en Europe finira par « minimiser les efforts réalisés dans les autres secteurs », a-t-elle averti.
Pour Michel Durbomel, responsable transport et mobilité pour France nature environnement, « ce rapport n’est qu’un constat » des réalisations des années passées, mails il « n’aborde pas les sujets les plus importants », comme le report modal ou l’aménagement du territoire, qui seul permettrait de « dissuader les gens de prendre leur voiture ».
D’autre part, il exprime des « inquiétudes » sur la « confiance » accordée au « progrès technologique ». Pourtant, ajoute-t-il, « c’est ce que l’on fait depuis trente ans, (…) et les émissions carbone sont en augmentation constante ». Il a également mis en garde contre les grands projets autoroutiers en développement dans les nouveaux Etats membres.
CALENDRIER :
- 30 septembre 2009 : fin de la consultation publique sur la communication.
- Automne 2009 : publication des résultats
- 2010 : La Commission doit publier un livre blanc sur l’avenir des transports, et des «propositions concrètes» qui seront adoptées entre 2010 et 2020.



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