Les objectifs et le calendrier du paquet énergie-climat. Sur ces deux points, le président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy a toujours indiqué qu’il ne cèderait pas. Il l’a encore rappelé lors de sa visite à Gdansk, en Pologne, le 6 décembre, où il a rencontré neuf Etats de l’Est de l’Europe (le groupe de Visegrad, à savoir la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, et la Hongrie, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie et les trois pays baltes), tous soucieux de protéger leurs intérêts économiques dans le cadre des négociations sur le climat.

Le calcul de la solidarité entre les Etats pour parvenir à l’objectif de réduire de 20% les émissions de CO2 en 2020 et la réforme du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS), sont les deux points de blocage. Lors d’une conférence de presse commune à l’issue de la rencontre, Nicolas Sarkozy a indiqué que l’UE avait « progressé ». « Tous les Etats ici souhaitent que la solidarité, qui est le fondement de la construction européenne soit prise en compte de façon un peu plus ambitieuse », a ajouté le chef de l’Etat français.

« Nous cherchons un compromis sage, raisonnable, nous avons encore beaucoup de travail qui nous attend », a pour sa part déclaré le premier ministre polonais, Donald Tusk, qui a de nouveau souligné la nécessité de prendre en considération l’économie des neufs pays présents dans la recherche du compromis.

Dépendants à 94% du charbon, la Pologne fait pression depuis le début des négociations pour se voir imposer des exemptions pour son industrie dans la révision du système d’échange de quotas d’émissions de CO2 (Lire le dossier d’EurActiv.fr).

De son côté, Berlin aurait exprimé son mécontentement sur la manière dont Paris approuve les demandes présentées par la délégation polonaise (EurActiv.fr 24/11/2008). Le fait que la France soit prête à accepter les requêtes polonaises aurait conduit l’Allemagne à faire pression pour obtenir aussi une série d’exemptions dans le futur système européen d’échange de quotas de CO2.

Lors d’un entretien téléphonique dimanche 7 décembre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont « confirmé leur volonté commune de parvenir à un accord au Conseil européen », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Face à toutes les réticences exprimées par les Etats de l’UE, la Présidence française a proposé différents scénarii. Devant le Parlement européen, jeudi 4 décembre, le ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a préconisé deux solutions. Celles-ci pourraient être adoptées ensemble ou séparément. Il s’agit de la progressivité des enchères et d’un mécanisme d’inclusion carbone (ou taxe carbone) pour limiter les délocalisations des industries européennes que pourraient engendrer les quotas payants.

«Il ne faut pas que le prix de l’énergie augmente», a-t-il affirmé. Egalement interrogé par plusieurs députés sur le financement des technologies de captage et de stockage de CO2, il a assuré que celui-ci serait inclus dans les accords «sous une forme ou une autre, maintenant ou un peu plus tard» (EurActiv.fr, 4/12/2008).

Un accord doit être trouvé avant la fin de la Présidence française, ne cesse de marteler le chef de l’Etat français. Si tel n’était pas le cas au Conseil européen des 11 et 12 décembre, Nicolas Sarkozy aurait prévu de réunir à nouveau les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE le 30 décembre, selon le blog du correspondant à Bruxelles de Libération, Jean Quatremer.