La consommation française en électricité devrait progresser de manière « modérée », entre 0,8 et 0,9% par an d’ici 2025. Mais un fléchissement par rapport à 2008 n’est pas à exclure cette année. Ces chiffres ont été annoncés par le gestionnaire de réseau d’électricité français, RTE, lors de la présentation de son bilan prévisionnel de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité à l’horizon 2025, mercredi 22 juillet.

Mais c’est surtout la date de 2013 qui ressort du bilan élaboré par RTE. Selon l’entreprise, l’approvisionnement en électricité de la France devrait être assuré jusqu’à cette date. Conformément à la loi du 10 février 2000, l’Etat soumet tous les deux ans l’entreprise à cet exercice afin de déceler les risques susceptibles de porter atteinte à la sécurité de la fourniture d’électricité. L’objectif principal est de lisser les déséquilibres entre l’offre et la demande d’électricité en aiguillant l’Etat dans sa définition de la Programmation pluriannuelle des investissements (PPI). (EurActiv.fr 07/07/2009)

L’échéance de 2013 prévue par RTE reste étroitement liée aux investissements futurs réalisés dans le domaine des énergies renouvelables. L’absence de développement du secteur éolien par exemple, pourrait contredire l’hypothèse de RTE en créant des tensions entre l’offre et la demande d’électricité dès 2013. Selon Dominique Maillard, président du directoire de RTE, ce scénario pessimiste a cependant peu de chances de se produire. « La réponse aux besoins sera assurée grâce aux flux naturels d’investissements », a-t-il avancé lors d’une conférence de presse.

5000 MW supplémentaire en 2015

A partir de 2015 en revanche, 5000 Mega Watts (MW) supplémentaires seront nécessaires pour écarter tout risque de défaillance. Ce saut quantitatif s’explique principalement par le renoncement aux infrastructures polluantes et obsolètes (centrales thermiques ou à charbon), qu’il faudra pallier par de nouveaux investissements dans des installations plus propres.

Les enjeux européens en matière de sécurité énergétique sont un autre point important évoqué par le bilan prévisionnel. La France, qui dispose du plus grand parc nucléaire d’Europe, a clairement opté pour une stratégie d’exportation de l’électricité. Des évolutions sont toutefois attendues. « A partir de 2020, la France comptera sur ses voisins européens », confie M. Maillard, ajoutant cependant que l’importation d’électricité n’interviendrait que « quelques jours par an ». C’est-à-dire les jours de pics de consommation, principalement en hiver.

Mais, selon le président du directoire de RTE, ce changement est une opportunité économique. « Il faut tirer parti des interconnexions », a-t-il expliqué. Facilitant la circulation d’électricité d’un Etat membre à l’autre, celles-ci constituent un objectif central du 3ème paquet énergie, adopté en juin 2009 par l’UE. Le dispositif prévoit notamment d’identifier, grâce à un plan décennal, les investissements prioritaires visant à améliorer le réseautage électrique du territoire européen. (Lire le dossier d’EurActiv.fr)

La régulation des pics de consommation d’électricité qui incombe à RTE est loin d’être étrangère aux objectifs européens de maîtrise de l’énergie (Lire le dossier d’EurActiv.fr). Interrogé lors de la conférence de presse sur le litige qui oppose aujourd’hui EDF à la société Voltalis (Voir encadré) au sujet de l’ajustement de la consommation d’électricité aux heures de pointe, Dominique Maillard a d’ailleurs indiqué qu’il fallait « trouver un mécanisme d’incitation pour que chacun des partenaires gagne à y participer ».