A quelques jours du Forum sur l’énergie de Sofia, les autorités craignent encore un faible niveau de participation à cette réunion, peut-on lire le 21 avril dans le quotidien Standart.

La Russie tente d’inclure dans la déclaration finale du sommet de l’énergie de Sofia des termes visant à faire du projet de gazoduc South Stream, favori de Gazprom, une priorité de l’UE, a rapporté le quotidien Dnevnik, partenaire d’EurActiv en Bulgarie

La Commission européenne n’est pas d’accord avec une telle formulation, et préfère un engagement plus général sur la diversification des sources d’énergie et des corridors, ajoute le quotidien.

Une déclaration du PDG de Gazprom à la presse russe a confirmé les ambitions de Moscou. 

Gazprom demandera à l’Union européenne de déclarer le projet de gazoduc South Stream comme étant sa priorité, a déclaré le chef du monopole gazier russe, Alexei Miller au journal Vesti. « Je ne vois aucune raison pour que l’UE dise non à une telle proposition. », estime-t-il.

L’attentisme de Bruxelles

Jusqu’à maintenant, Bruxelles n’a pas officiellement soutenu le projet South Stream, mais ne s’y est pas opposé non plus, a déclaré le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev. 

On s’attend à ce que le projet South Stream, qui recueille les faveurs de Gazprom, reçoive une impulsion décisive au sommet de Sofia, selon le Banker, un hebdomadaire bulgare. Le journal a appris qu’une déclaration politique soutenant le gazoduc était en préparation, et devrait être prête à être signée par tous les pays prenant part au projet (Russie, Italie, Bulgarie, Grèce, Serbie, Hongrie et Autriche). 

La déclaration politique peut être considérée comme symbolique, alors que d’autres questions pratiques restent encore à régler, comme les nouveaux contrats entre Gazprom et son équivalent bulgare Bulgargaz, écrit le Banker. Toutefois, il est très probable que ces questions trouvent une solution durant le mandat du gouvernement actuel, poursuit l’hebdomadaire. Le mandat du cabinet prend fin en juillet de cette année.

Equilibrer les préférences

Dans les déclarations officielles, les autorités bulgares prennent soin de donner la priorité au projet Nabucco, préféré par l’UE, de manière à ce qu’il apparaisse au même niveau que South Stream, considéré comme un rival de Nabucco. 

Dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le président bulgare Gueorgui Parvanov, qui accueille le sommet, a affirmé le 20 avril que son pays, touché de plein fouet par la crise gazière de janvier, veut être un pont entre l’Asie centrale et les destinataires en Europe, grâce à sa situation géographique. 

Les observateurs ont réalisé l’importance de la question avant la crise, a déclaré le président bulgare. « Pendant plusieurs années, la Bulgarie a fait des efforts pour se diversifier dans les deux secteurs. J’aimerais citer comme exemple quelques projets tels que South Stream et Nabucco* », a-t-il conclu.

Les autres points à l’ordre du jour du sommet comprennent la formulation d’une nouvelle politique européenne de l’énergie et la recherche de nouveaux arrangements internationaux pour la sécurité énergétique. 

En conséquence, la Russie devrait dévoiler les détails de ses propositions de création d’un nouveau cadre juridique entre l’UE et la Russie en matière d’énergie.

*Carte extraite de : S. Nies, Gaz et Pétrole vers l’Europe. Perspectives pour les infrastructures, Paris, Ifri, "Les Etudes", série "Gouvernance européenne et géopolitique de l’énergie", tome 4, 2008