Connie Hedegaard, responsable de la politique climatique dans la prochaine Commission, s’est engagée, lors de son audition devant le Parlement européen le 15 janvier, à réduire les émissions issues des transports. Elle devrait proposer au cours de son mandat un paquet législatif intégré sur le climat et les transports.
Revue de presse
"Le paquet législatif, similaire à celui adopté en 2008 en matière d’énergie et de climat, comprendra des initiatives visant à contrôler les émissions grandissantes issues du transport", a déclaré Mme Hedegaard.
Elle s’est exprimée sur les immenses défis auxquels fait face ce secteur alors que la croissance continue des émissions de carbone en provenance des transports sape les efforts réalisés dans d’autres domaines.
L’une des initiatives de la nouvelle commissaire au climat sera d’introduire une législation sur la réduction des émissions de CO2 des camions. Elle a affirmé qu’elle souhaitait également revoir la législation sur les émissions de CO2 des voitures, qui est, selon elle, dépassée au regard de la vitesse à laquelle la technologie évolue.
D’une manière générale, la future commissaire au Climat a soutenu l’idée de donner un prix aux émissions de CO2 dans le secteur des transports. De son point de vue, l’internalisation des externalités, soit l’un des principes directeurs du programme d’échange d’émissions de l’UE, marcherait aussi bien pour les transports.
Intégrer le changement climatique
L’étendue exacte du nouveau portefeuille Action climatique de Mme Hedegaard reste floue. Ce domaine a en effet été détaché du domaine Environnement de la Commission précédente.
"Mme Hedegaard se considère elle-même comme une coordinatrice horizontale, avec la tâche ardue d’intégrer l’action climatique au sein de toutes les politiques européennes", a-t-elle affirmé aux eurodéputés lors de son audition de trois heures devant la commission Environnement du Parlement.
"Ce ne sera pas facile de reconstruire la direction générale climatique", a admis Mme Hedegaard. "Tout peut toucher au climat", a-t-elle dit, donnant des exemples de chevauchement entre des domaines aussi divers que l’industrie, le développement et la recherche, en plus des liens évidents entre l’environnement et l’énergie.
Toutefois, la Danoise a déclaré qu’il ne serait pas possible de mettre tout cela sous un seul et même chapeau : "De ce fait, nous devons procéder de la manière inverse, en intégrant" le climat aux autres politiques, a-t-elle dit.
Mme Hedegaard s’est engagée à travailler étroitement avec les autres commissaires, affirmant que ses propositions législatives seront souvent déclenchées en coordination avec eux. Elle a toutefois admis que ce ne serait pas facile de faire pression sur eux pour qu’ils donnent une place à la dimension climatique dans leurs portefeuilles, ceux-ci ayant leurs propres priorités.
"Le climat, la sécurité énergétique et la création d’emplois doivent être au cœur de la vision de l’UE", a-t-elle souligné.
Croissance verte sans protectionnisme
L’ancienne ministre danoise à l’Energie et au Climat a réaffirmé son engagement en faveur de la croissance verte. Mais elle s’est aussi prononcée fermement contre certaines mesures de sauvegarde de l’industrie européenne contre la concurrence internationale, avertissant du risque de couper les entreprises de l’activité économique.
"Nous devrions faire attention à ne pas être si réservés, si équilibrés, parce qu’à la fin nos entreprises n’en profitent pas", a-t-elle dit. Avant de prévenir que l’industrie européenne ne pouvait se permettre de manquer le coche, notamment face à la Chine qui continue à investir dans les technologies écologiques.
Les eurodéputés ont également interrogé la commissaire désignée sur la manière dont elle prévoyait de sécuriser les financements mis au service de ses initiatives, étant donné les ressources modestes de la nouvelle direction Action climatique.
Mme Hedegaard a promis de veiller à ce que les fonds soient redirigés vers le développement de l’énergie propre et la sortie des énergies fossiles. Elle a également semblé rabrouer la nouvelle commissaire à l’Innovation, qui, lors de son audition a promis de dynamiser la recherche sur le nucléaire.
"Je ne pense pas que nous devrions investir de vastes quantités d’argent dans la recherche nucléaire au détriment des énergies durables", a-t-elle dit. "De mon point de vue, le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable", a-t-elle ajouté sous les applaudissements.
Cependant, l’affirmation de Mme Hedegaard selon laquelle elle ne soutiendrait pas un objectif contraignant sur l’efficacité énergétique a soulevé les inquiétudes des environnementalistes.
Ne pas laisser tomber le processus des Nations Unies
Mme Hedegaard s’est montrée catégorique sur les suites à donner à la conférence de Copenhague: "Il est important d’obtenir un accord mondial sur la protection climatique sous les auspices des Nations Unies, c’est l’une des priorités essentielles de l’UE."
"Nous ne devons pas abandonner l’ONU, pas à cette étape du processus", a-t-elle dit, affirmant sa volonté de parvenir à un accord contraignant à Mexico à la fin de l’année.
L’ancienne ministre danoise de l’énergie et du climat a défendu les progrès réalisés lors de la conférence climatique de Copenhague accueillie par son pays, et dont elle a présidé la première partie.
"Nous ne devrions pas oublier que des financements ont été mis sur la table, a-t-elle dit, ajoutant que tous les pays en développement avaient accepté une co-responsabilité pour la protection climatique."
"Je ne pense pas qu’il soit juste de critiquer ceux qui ont passé des années à mobiliser le monde", a-t-elle affirmé, expliquant que l’UE et la présidence danoise du processus de l’ONU avaient fait de leur mieux pour obtenir des résultats.
L’UE doit communiquer son objectif de réduction des émissions pour 2020 à l’ONU à la fin du mois. Alors que certains Etats membres avaient espéré monter jusqu’à 30%, Mme Hedegaard a fait remarquer que l’UE devrait plutôt en rester à 20 % et qu’elle ne relèverait cet objectif que si les autres pays suivaient le mouvement.
"J’ai fortement soutenu l’objectif de 30 % pour l’Europe, a-t-elle dit. Mais avec du recul, ce serait mieux d’en rester à une offre conditionnelle pour soutirer quelques pourcentages aux autres pays", a-t-elle expliqué, faisant référence aux résultats décevants de la conférence climatique de Copenhague.
"Il existe un risque important de ne pas nous entendre sur 30 %", a-t-elle remarqué. Elle a rappelé les profondes divisions entre Etats membres, certains d’entre eux ayant cité des chiffres comme 20 % ou 25 % dans des discussions récentes.
Mme Hedegaard a été saluée pour son engagement en faveur de la protection climatique et pour ses excellentes capacités de communication. Mais elle a été critiquée pour son manque d’engagement sur des initiatives législatives concrètes.




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