Alors que le ministère de l’Ecologie français dévoile son programme de production énergétique à partir de 2010, le gestionnaire électrique RTE fait le point sur la production, la consommation et les échanges d’électricité avec nos voisins européens en 2009.
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nouvelle feuille de route de la France en matière de production d’énergie, issue du Grenelle EnvironnementMinistère de l'écologie, du développement durable du transport et des logements
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La consommation française d’électricité baisse de 1,6% en 2009
Même si la France reste exportatrice nette d’électricité, le solde des échanges avec l’étranger a baissé de 47% en 2008, selon le bilan publié par le gestionnaire électrique français RTE pour 2009 mercredi 13 janvier.
Le niveau de consommation des Français n’est pas en cause. Celui-ci a même diminué de 1,6%, en raison de la chute de la consommation liée à la crise dans la grande industrie. La consommation des ménages et du secteur tertiaire a certes augmenté, elle, mais la raison de la contraction du solde repose sur une diminution de la production, selon le bilan. Cette dernière a en effet été réduite de 5,5% par rapport à 2008.
La baisse de la production s’explique essentiellement par deux phénomènes, explique Jacques Percebois, professeur à l’université de Montpellier : l’utilisation moins importante des centrales nucléaires françaises, en raison de problèmes techniques comme des refroidissements et des grèves et des raisons commerciales, d’arbitrage. « A certains moments, acheter peut s’avérer moins cher que produire », remarque le Professeur Percebois. « C’est aussi cela l’Europe », estime-t-il, considérant qu’il peut être parfois plus « intéressant » économiquement, d’acheter de l’électricité à une centrale à charbon allemande par exemple.
Des voisins en surcapacité
L’Allemagne est en effet notre principal fournisseur d’électricité en 2009. Nos importations y sont près de trois fois supérieures à nos exportations, une constante, explique le Professeur Percebois. Plus étonnant selon lui, la France devient également importateur net vis-à-vis de la Belgique.
« Si on n’importait pas d’Allemagne, il faudrait construire des centrales à charbon », indique le professeur, tout en se félicitant du fait que l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la France forment un système « très bien interconnecté, quasiment un marché intégré ».
Les Allemands ont certes beaucoup de centrales thermiques, auxquelles la France peut avoir recours lors des pointes de consommation, mais cette énergie peut très bien avoir comme point de départ l’Autriche et simplement transiter par le pays limitrophe. « Tout est interconnecté », rappelle M. Percebois ; « il existe un réseau européen qui comprend tous les pays sauf les Etats baltes, qui restent liés au réseau de l’ex-URSS ».
La « légère surcapacité » de nos voisins d’outre-Rhin s’explique par les investissements effectués et par le fait que, comme chez beaucoup d’autres, le chauffage électrique ne soit pas aussi développé qu’en France. L’occasion pour le spécialiste de souligner que « ce n’est pas parce que la France est capable d’exporter pendant les heures creuses qu’elle est en surcapacité ». Elle doit donc investir dans des moyens de gérer ces pointes, mais « peut-être pas seulement ».
En France, la nouvelle programmation pluriannuelle des investissements (PPI) évoque d’ailleurs une modernisation du parc de production thermique, dont « le remplacement » de certaines centrales à charbon par des centrales à « gaz moins polluant ». Ces investissements s’accompagnent du développement de la biomasse, de l’éolien (dont la production a augmenté de 40% par rapport à 2008 selon le rapport RTE), de la production hydraulique et de l’énergie photovoltaïque, conforme aux « objectifs du Grenelle » selon le communiqué de presse du ministère. Des déclarations qui arrivent au même moment que la baisse du tarif de rachat du photovoltaïque (lire encadré).
Baisse du tarif de rachat du photovoltaïque
Le gouvernement a annoncé, le 13 janvier 2010, les nouveaux tarifs d’achat d’énergie photovoltaïque. Pour les bâtiments existants de bureaux, industries, commerces et bâtiments agricoles, le tarif est désormais fixé à 50 centimes par kilowatt-heure.
L’annonce a provoqué des contestations, en particulier chez les agriculteurs.
Cependant, même s’il diminue, le tarif reste supérieur au prix du marché. Jacques Percebois estime qu’il s’agit en fait « d’éviter trop d’effet d’aubaine ».
« EDF a l’obligation de racheter l’énergie photovoltaïque produite à un prix beaucoup plus élevé que celui du marché », rappelle-t-il. C’est une manière « d’aider les énergies renouvelables, qui coûtent cher ». Mais « ce n’est pas EDF qui supporte le coût, il est mutualisé entre tous les consommateurs », ajoute-t-il.



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