Si les engagements européens n’ont pas beaucoup évolué après le Conseil européen des 10 et 11 décembre, la France a encore une fois cherché à montrer son activisme dans le dossier du climat. Surprenant tout le monde, y compris certains de ses conseillers déjà partis du Conseil, Nicolas Sarkozy a tenu un point presse aux alentours de minuit, jeudi 10 décembre. Un échange avec les journalistes pour indiquer, en off, qu’il poussait l’UE à s’engager sur une réduction de 30% d’émissions de CO2 d’ici 2020 dès maintenant.

Le lendemain matin à 10 heures, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont en outre grillé la politesse à la présidence suédoise, qui les attendait pour la première réunion de la matinée du Conseil européen, en tenant une conférence de presse conjointe pour faire part de leurs ambitions pour Copenhague. Peu de nouveautés en sont pourtant sorties.

Seule annonce inattendue, le Britannique et le Français ont indiqué qu’ils recevraient ensemble, à Paris, mercredi 16 décembre, les chefs d’Etat africains du bassin du Congo pour « leur dire que nous voulons mettre de l’argent pour les aider à lutter contre la déforestation », a indiqué Nicolas Sarkozy. Une dizaine de chefs d’Etat du Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Tchad, République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Guinée équatoriale, Angola et Sao-Tomé et Principe seront présents.

Les forêts du bassin du Congo - 200 millions d’hectares - constituent le deuxième "poumon vert" de la planète, derrière l’Amazonie.

Aller-retour à Copenhague dans la journée du 16?

Mais le Français ne veut pas s’arrêter là. Lundi 14 décembre, Nicolas Sarkozy a indiqué, qu’il recevrait le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, dont le pays renferme la troisième forêt la plus grande du monde. Le lendemain, c’est au tour du premier ministre ethiopien, Meles Zenawi, qui préside le groupe du G77, qui regroupe notamment les pays d’Afrique, de se rendre à l’Elysée.

Les conclusions du Conseil européen mettent l’Europe « en position de leadership pour Copenhague », a déclaré Nicolas Sarkozy vendredi à 13 heures, au cours de sa troisième conférence de presse. « Je pense que cela suffit pour amorcer une alliance entre l’Europe et l’Afrique ».

« Mon arrivée à Copenhague n’est pas encore fixée », a déclaré le chef de l’Etat français. Avant d’ajouter : « Il se peut que je fasse un aller-retour mercredi [16 décembre] dans la soirée ». Les chefs d’Etat d’une centaine de pays sont attendus à partir de jeudi 17 décembre. Mais le président français et la chancelière allemande ont proposé à la présidence danoise, qui dirige les négociations, de venir les aider « pour pousser » les négociations.

Merkel et Sarkozy ont également demandé aux Danois d’organiser deux réunions de travail entre les Européens avant et après le dîner chez la Reine du Danemark, prévu jeudi soir. Même si tout se décidera vendredi 18 décembre, jour de l’arrivée du président américain Barack Obama dans la capitale danoise.