Un rapport périodique publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) prévoit une baisse de 13% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, année de référence la plus souvent citée. Ce résultat irait au-delà de l’objectif de 8% fixé pour les 15 pays qui étaient membres de l’UE au moment de la signature du protocole de Kyoto en 1997.

De plus, dix des douze États membres qui ont rejoint l’Union depuis que le protocole est entré en vigueur ont signé depuis des engagements individuels, à part Malte et Chypre. Selon le rapport, l’ensemble des pays membres de l’Union européenne respecteront leurs objectifs respectifs, excepté l’Autriche. 

L’AEE estime que les émissions provenant des 15 «anciens» États membres sont tombées à 6,2% en dessous du niveau de l’année de référence pour Kyoto, l’année dernière. Pour l’ensemble du bloc des 27 pays membres, les réductions s’élèveraient à 13,6%. Mais ces chiffres sont « grossis » par la baisse de l’activité industrielle due à la crise financière.

Néanmoins, l’UE des 15 n’atteindra pas les objectifs de Kyoto sans le développement de nouvelles politiques et la mise en place de crédits compensatoires. L’AEE estime que les politiques et les mesures en vigueur pour la période d’engagement allant de 2008-2012 ne représentent que 6,9% de la réduction totale.

Toujours selon le rapport, les politiques européennes qui assureront d’ici 2010 les réductions les plus importantes devraient provenir du plan d’échanges des émissions de l’Union Européenne ou EU-ETS et de la directive sur les énergies renouvelables.

Impatience des PVD

En outre, le rapport précise que dix des 15 plus anciens membres de l’UE prévoient de compenser certaines de leurs émissions en achetant des crédits par le biais des mécanismes flexibles du protocole de Kyoto. D’autres réductions pourront quant à elles être obtenues grâce aux programmes de reboisement ou encore grâce à la lutte contre la déforestation.

La Commission soutient que ces estimations fortes donneront à l’UE un avantage dans les futures négociations au sein des Nations-Unies sur le traité post-Kyoto. Ces négociations sont d’ailleurs souvent l’occasion pour les pays en voie de développement (PVD) de manifester leur impatience face à l’absence d’engagements clairs en provenance des pays riches (EurActiv.com 04/11/09).

«Avec le paquet énergie-climat adopté cette année par l’UE, nous avons déjà mis en place les mesures essentielles pour atteindre en 2020 un niveau d’émissions inférieur de 20% à celui de 1990. Aucune autre région au monde n’a encore fait cela», a précisé le commissaire en charge de l’Environnement Stavros Dimas. L’UE a d’ailleurs promis de revoir ces objectifs à la hausse (30%) dans le cas où d’autres prendraient des engagements comparables.

Certains pays, comme les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Japon sont toutefois encore loin de satisfaire à leurs propres objectifs concernant Kyoto, alors même qu’ils négocient un nouvel accord climatique.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso assistera en décembre aux négociations à Copenhague et a exhorté l’ensemble des dirigeants du monde à suivre son exemple.

«Je me rendrai à Copenhague», a déclaré M. Barroso aux journalistes. «Si nous voulons parvenir à un accord à Copenhague, le plus haut niveau européen doit jouer un rôle clair de leadership. J’espère vivement que tous les dirigeants seront en mesure de venir»

La réunion durera deux semaines et vise à trouver un remplaçant pour le protocole de Kyoto - principal outil « anti-changement climatique » des Nations-Unies - qui expire en 2012. Les discussions  préparatoires avaient principalement échoué à cause de l’attitude américaine, très vague sur les réductions d’émissions et sur les contributions financières pour les pays pauvres frappés par le changement climatique.

Le président des États-Unis Barack Obama a quant à lui déclaré qu’il se rendrait à Copenhague dans l’espoir que sa venue soit susceptible de donner l’impulsion nécessaire pour décrocher un marché.