La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a décidé de s’associer aux efforts déployés par le Pacte PME International depuis le début de l’année 2009 en faveur du développement du portage stratégique, en devenant membre associé de l’organisation.

A travers cette adhésion, le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, espère à la fois sensibiliser les autorités nationales aux difficultés des PME, souvent d’ordre réglementaires, et mobiliser les petites structures elles-mêmes. Celles-ci étant encore trop peu conscientes de l’opportunité que représente le développement de leur activité d’export.

« L’exportation constitue, au même titre que l’innovation, un vecteur de croissance incontournable pour permettre aux PME de sortir du marasme économique provoqué par la crise », a affirmé en introduction M. Roubaud, lors de la réunion d’information organisée le 12 janvier afin de sceller ce nouveau partenariat. « Le portage est un remède évident pour pallier le manque de moyens humains et techniques dont souffrent les PME », a-t-il ajouté. Le portage stratégique consiste pour un grand groupe à parrainer une PME, c’est-à-dire à l’amener, en tant que partenaire, client ou fournisseur, sur les marchés internationaux.

« Ce que nous voulons créer, c’est une politique de la demande, non pas de l’offre. L’impulsion doit venir des PME », a précisé Jean-François Roubaud. « La mentalité des grands groupes doit également changer », a ajouté le président du Pacte PME international, Henri Lachman.

Du local au global : une approche « bottom up »

« On compte en France seulement 400 PME exportatrices, contre 5000 en Allemagne », a expliqué le président de la CGPME. « Les grandes entreprises agissent presque systématiquement en « chasseurs solitaires », car elles n’ont pas compris l’intérêt objectif que représente la création d’un écosystème favorable au développement des PME, en terme de création de richesses, d’emploi, ou encore de devises », a ajouté Henri Lachman.

Le constat est unanime : jusque-là, le tissu français n’a pas su profiter du succès des grandes sociétés qui se sont aventurées à l’international, car celles-ci n’ont pas cherché à entraîner les plus petites avec elles. En comparaison avec les autres pays européens, la force du modèle de développement économique français réside donc dans les grands groupes, et sa faiblesse dans les PME.

Autre responsable, la réglementation française, pas toujours adaptée aux besoins des PME. « Le passage de 50 à 51 salariés signifie 34 obligations administratives supplémentaires », a signalé Henri Lachman. « Les procédures ne sont pas figées, et peuvent être améliorées sur demande des entreprises », a cependant affirmé Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, lors de la réunion. « Le combat de l’extérieur se gagne à l’intérieur » a-t-elle rappelé, avant d’annoncer que le budget 2010 accordé par l’Etat au Pacte PME serait doublé, pour passer à 200 000 euros en valeur absolue.

Le gouvernement soutient la philosophie défendue par le Pacte PME International : «Travailler en équipe avec tous les intervenants nationaux du développement international, et faire confiance aux PME ».

« L’Europe ne s’intéresse pas aux PME »

Pour sécuriser les petites entreprises et régler ce qui apparaît comme un problème presque exclusivement français, il faudrait pouvoir légiférer. Mais les règles de libre concurrence en vigueur au sein du marché unique européen l’interdisent, obligeant le gouvernement à prendre des mesures à la marge, souvent jugées insuffisantes.

Le délégué général du Comité Richelieu, Emmanuel le Prince, s’est montré très critique à l’égard de la politique bruxelloise. « L’Europe ne fait rien pour les PME. Le Small Business Act européen n’est rien de plus que le repackaging d’éléments déjà existants, adopté pour faire plaisir à la présidence française de l’UE [qui a dirigé les débats des conseils de l’UE au deuxième semestre 2008, ndlr] ».

« Je suis personnellement pour un Small Business Act européen très contraignant, sur le modèle américain », a affirmé Henri Lachmann. Mais « nos voisins européens, eux, n’en ont pas besoin puisqu’ils travaillent naturellement main dans la main », a-t-il ajouté.