Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes a développé les principaux objectifs défendus par la France lors du dernier conseil compétitivité.
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Les objectifs de la Stratégie de Lisbonne
Alors que la réflexion sur la stratégie de Lisbonne post 2010 est bien entamée à Bruxelles, la France se positionne officiellement sur le sujet. Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a fait transmettre à la presse les principaux éléments de son intervention sur ce sujet lors du Conseil compétitivité du 3 décembre dernier.
S’il dit être globalement en phase avec les objectifs développés par la Commission européenne dans son document de consultation présenté le 24 novembre dernier, Pierre Lellouche insiste cependant sur quatre points.
La stratégie de Lisbonne post-2010 doit permettre à l’Europe de rester compétitive. Or il s’agit pour cela de « rechercher de nouvelles sources de croissance », a expliqué le secrétaire d’Etat français à ses partenaires européens. Parmi celles-ci figurent l’innovation et les technologies vertes, déjà été identifiées par la commission française sur le grand emprunt, a indiqué Pierre Lellouche. Selon lui « cette démarche consistant à identifier les priorités d’avenir pourrait d’ailleurs parfaitement être « européanisée » ».
Une approche moins compartimentée
Notant également l’importance d’inclure une dimension sociale à la stratégie européenne, le ministre français a particulièrement insisté sur la nécessité de « doter la nouvelle stratégie européenne d’une colonne vertébrale plus forte ». Pierre Lellouche a ainsi plaidé pour que soit mis fin à « l’approche compartimentée, par politique » pour privilégier, en plus des actions nationales, une « réelle stratégie et une ambition au niveau communautaire ». L’échec de la stratégie de Lisbonne qui s’achève en 2010 serait en partie lié à l’absence de contrainte et de coordination au plan européen.
Il s’agit enfin d’avoir une approche « ambitieuse et pragmatique » souligne le document développé par la France. Pour « faire et non subir le XXIème siècle », selon les termes de Nicolas Sarkozy, Paris appelle à la création d’une politique industrielle et énergétique, afin d’éviter « la marginalisation de l’Europe. »
L’intervention du ministre s’est achevée par un rappel cher à la France : veiller au respect de la réciprocité dans les échanges. « Ne soyons pas naïfs (…) l’Europe doit se défendre et faire respecter ses normes, ses intérêts et ses valeurs. (…) Alors que les plans de relance sont totalement ouverts aux entreprises étrangères, nos entreprises européennes se heurtent au mur de certains marchés publics étrangers », a indiqué Pierre Lellouche en citant notamment EADS et le marché américain des avions-ravitailleurs de l’US Air Force.
"Ce n’est pas du protectionnisme mais une question d’équité et de réciprocité", a ajouté le ministre. Il a également indiqué que la France allait transposer en droit interne les clauses restrictives de l’accord OMC sur les marchés publics de 1994. «Nous demandons à la Commission de proposer les mesures réglementaires nécessaires (directive) pour reconnaître et faire appliquer cet accord au plan européen dans un esprit de parfaite réciprocité », a-t-il conclut.
CONTEXTE:
En mars 2000, les chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE, réunis à Lisbonne, se sont fixés pour objectif de moderniser l’Europe. Ils ont défini un cadre d’action pour permettre à l’UE de devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde », et d’arriver au plein emploi à l’horizon 2010.
Cette stratégie arrivant à échéance, l'UE doit définir un cadre d'action pour l'après 2010. La Commission européenne a lancé une consultation à ce sujet le 24 novembre. La présidence espagnole devrait présenter une proposition au Conseil européen de mars 2010.



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