Faute de capital, les petites entreprises sont menacées de faillite. Malgré les injections de liquidités de la Banque centrale européenne (BCE) et le plan de relance, le marché des prêts reste grippé.

Les détaillants, en particulier les petits magasins de vêtements et les sociétés de transport, sont parmi les plus durement touchés, a expliqué la semaine dernière Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).  

« Le gouvernement a aidé le système bancaire, donc il est difficile de croire que les banques aient rendu l’accès au crédit plus difficile pour les petites sociétés », a-t-il indiqué. 

« Les banques affirment recevoir moins de demandes des entreprises, mais quand on regarde les chiffres, on se rend compte que quelque chose ne fonctionne pas. »

Le président Nicolas Sarkozy a créé deux instruments avec un budget potentiel de 360 milliards d’euros pour améliorer la liquidité du secteur bancaire lors de la crise financière. Il a aussi nommé, à l'automne 2008, un médiateur du crédit, René Ricol, pour s’assurer que les banques transmettraient bien le financement aux entreprises.

La Banque centrale européenne a aussi injecté de l’argent dans le système financier à hauteur de 442 milliards d’euros, la plus grosse intervention de son histoire. Mais selon les analystes, cette liquidité supplémentaire ne résoudra pas les problèmes sous-jacents des banques en matière de prêts. Celles-ci redoutent d’une part la présence d’« actifs toxiques » dans leurs livres de compte et d’autre part, doivent s’atteler à la reconstitution de leur capital entamé par la crise du crédit. 

Les banques affirment aussi qu’on ne peut s’attendre à une réduction des risques et en même temps à un allongement des prêts pendant la récession. Les fonctionnaires de la BCE ont indiqué s’inquiéter du fait que les fonds de relance ne participaient pas à l’équilibre des comptes des sociétés. 

Augmentation des faillites de 1,1% en janvier

Selon l'institut national des statistiques (INSEE), les faillites de sociétés ont augmenté de 1,1 % en janvier 2009, le dernier mois pour lequel des données sont disponibles.

Il s’agit souvent de très petites sociétés. "Quand elles n’ont pas 5 000 ou  6 000 euros, elles doivent mettre la clé sous la porte", a déclaré M. du Mesnil. "Il leur faut de l’argent parce qu’un ou deux clients ne payent pas ou demandent un délai – une situation qui se répète sans cesse ; quand les banques n’agissent pas, ces sociétés n’ont pas d’autre choix que de fermer."

"Les entreprises qui ont connu une forte baisse des commandes ont aussi besoin de liquidités jusqu’à ce que la demande reprenne", a-t-il dit.

"Ce que nous craignons, c’est qu’à l’automne beaucoup d’entreprises aient consommé leurs liquidités et continuent à voir leurs commandes baisser, ce qui serait très mauvais en termes d’emplois", a-t-il commenté.

La CGPME souhaite que le poste de M. Ricol, créé à l’occasion de la crise financière, soit pérennisé. Elle désire d’autre part que le détenteur de cette fonction ait le pouvoir de forcer les banques à écrire aux entreprises pour leur expliquer les raisons du refus d’un prêt.

Depuis que le médiateur du crédit, René Ricol, a débuté sa tâche en novembre dernier, 66 % des 13 442 requêtes ont été couronnées de succès, selon son bureau.

(EurActiv.com avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv)