La Commission européenne a présenté, mercredi 4 février, un Livre vert sur les réseaux transeuropéens de transport. Les parties prenantes ont jusqu'au 30 avril 2009 pour faire part de leurs recommandations.

Documents officiels
Commission européenne
Réseau transeuropéen de transportCommission européenne
Livre vert sur les réseaux transeuropéens de transport
Positions
La nouvelle politique européenne en matière de réseau transeuropéen de transport (RTE-T) reposera sur trois piliers. Les objectifs de lutte contre le changement climatique, l’accroissement du rôle de l’UE sur le plan international grâce à de meilleures connexions avec les infrastructures de ses voisins et celles du reste du monde, et le développement économique et social dans le cadre de la stratégie de Lisbonne.
C’est ce que précise en substance le Livre vert sur les RTE-T présenté par la Commission européenne le 4 février dernier. Les organisations concernées par ces problématiques ont jusqu’au 30 avril 2009 pour répondre à la consultation structurée en 12 questions lancée par la Commission.
L’exécutif européen a déjà mis en avant certains points, qui devront, selon lui, être au cœur de la future politique européenne en matière de RTE-T.
Il s’agira de combiner tous les modes de transport, d’utiliser au mieux des systèmes de transport intelligents entièrement interopérables et d’assimiler les nouvelles technologies dans les domaines du transport et de l’énergie.
Ces trois piliers soutiennent le développement ultérieur des services intermodaux de transport de marchandises et de voyageurs. Dans le secteur du fret, cette approche du développement du réseau est, selon la Commission, "vitale pour l’expansion de services logistiques fondés sur le principe consistant à utiliser chaque mode de transport en fonction de ses avantages respectifs au sein de la chaîne de transport".
La Commission estime en outre que, de ce fait, "l’efficacité des opérations dans leur ensemble est renforcée du point de vue économique et environnemental."
Pour favoriser les services intermodaux de transport de marchandises, l’exécutif européen insiste sur la nécessité de développer les infrastructures et notamment:
- le développement adéquat des infrastructures portuaires et de connexions plus efficaces avec l’arrière-pays, vu le rôle croissant des transports maritimes;
- l’intégration de corridors de fret ferroviaire entièrement interopérables et commercialement viables, ainsi que de corridors verts;
- la suppression des goulets d’étranglement sur les grands axes de transport;
- les connexions intermodales, la prise en charge du fret en zone urbaine et le potentiel du fret aérien;
- l’application des systèmes de transport intelligents à tous les modes de transport, ainsi que de nouveaux systèmes de tarification qui encouragent l’utilisation efficace des infrastructures.
En parallèle, la Commission plaide pour "la mise en place des infrastructures nécessaires aux services intermodaux de transport de voyageurs" (notamment les connexions entre services aériens et ferroviaires ou les systèmes de billetterie intégrés).
Le Livre vert propose enfin une série de possibilités, financières et non financières, pour mettre en place cette réforme des RTE-T.
Le Parlement européen fermant ses portes pour cause d’élections européennes le 7 mai prochain, ce dossier sera donc certainement à l’agenda de la prochaine législature.
POSITIONS :
«Nous devons anticiper les besoins futurs de l’Europe en infrastructures de transport. Tout en nous appuyant sur quinze ans d’expérience, il nous faut exploiter de nouvelles idées pour réorienter et rationaliser notre politique, mais aussi, ce qui est plus important, réaffirmer notre engagement à la mettre en œuvre complètement», a déclaré Antonio Tajani, vice-président de la Commission chargé des transports.
« Nous sommes d’accord sur l’objectif général, qui consiste à anticiper les besoins futurs de l’UE. Cela fait longtemps que nous attendons de l’Europe une vision à long terme sur ce sujet », explique Isabelle Maitre, représentante à Bruxelles de la Fédération nationale des transports routiers.
Mais la FNTR plaide pour plus d’équilibre entre le rail et la route dans la future politique de l’UE. « Allouer au rail 85% des fonds de cette future politique alors qu’il ne représente que 10% du volume des transports, contre 75% pour le transport routier » est un peu disproportionné.
La FNTR estime en outre nécessaire que les systèmes de transport intelligent (STI) n’imposent pas un mode de transport unique. « Il faut permettre aux opérateurs d’avoir le choix », estime Isabelle Maître.
Le réseau des grandes villes d’Europe, Eurocities, met au défi la Commission européenne de renforcer la dimension urbaine de l’accessibilité au niveau international, proposée par le Livre vert sur les réseaux transeuropéens de transport. L’organisation exhorte également les villes à s’engager rapidement dans la planification des transports stratégiques afin d’optimiser le potentiel des réseaux de RTE-T pour les citoyens européens, ainsi que la compétitivité de l’UE.
Dans une contribution datée du 30 mars, RTE (Réseau de transport d’électricité, filiale d’EDF) rappelle que "le réseau européen du futur n’est pas seulement celui qui transportera et assurera l’approvisionnement en électricité. Il sera celui qui contribuera à atteindre les objectifs de l’Union Européenne", durable, compétitive, solidaire et ouverte.
A court terme, "l’investissement dans les réseaux électriques s’inscrit au coeur de la démarche des plans de relance européens. Les dépenses dans les réseaux réalisées, créatrices d’emploi et non-délocalisables, constituent un soutien conjoncturel particulièrement opportun à l’échelon européen."
CONTEXTE :
Mise en place dans une Union européenne à 15 membres, la politique européenne en matière de réseau de transport a été revue en 2004 à l’occasion de l’élargissement de l’UE. A l’époque il s’agissait surtout d’une extension géographique du réseau transeuropéen de transport.
La Commission européenne a décidé de modifier les grandes lignes de cette politique et d’envisager l’Europe des transports sous la forme d’un réseau global mieux intégré et non pas comme l’addition de 27 réseaux nationaux.






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