Un rapport critique sévèrement les plans de relance nationaux pour leur manque de coordination. Seule une conférence mondiale sur l’innovation permettrait de promouvoir la collaboration transfrontalière.
Positions
Le rapport « Stimuler l’innovation », dont la publication officielle est prévue pour juillet, met en avant le peu de coordination des nouveaux programmes d’innovation lancés par les pays du G20, qui y dédient pourtant 200 milliards de dollars.
Le Royaume-Uni, par exemple, va consacrer 2,1 milliards de dollars aux garanties de prêts aux PME, alors que l’Allemagne va étendre ses dépréciations d’actifs, selon l’étude.
Le rapport a été présenté lors d’une rencontre de haut niveau à Bruxelles le 2 juin 2009, qui rassemblait les décideurs politiques, les dirigeants d’université et des experts de l’innovation du secteur privé comme du secteur public.
Ils ont recommandé une meilleure coordination des initiatives innovantes entre les pays pour maximiser la valeur des nombreux plans de relance économique actuellement en vigueur.
En 1944, les dirigeants économiques du monde s’étaient retrouvés dans une station balnéaire du New Hampshire appelée Bretton Woods. Ils avaient initié un nouvel ordre économique mondial, peut-on lire dans la déclaration signée par les ministres de l’innovation européens. "Aujourd’hui, à l’heure de l’économie de la connaissance, nous croyons qu’un nouvel effort de collaboration mondiale est nécessaire", affirme la déclaration.
Parler d’abord, agir après
Sans la coopération transfrontalière, ont-ils conclu, les pays industrialisés, y compris les Etats membres de l’UE, y perdront des plumes sur le long terme.
Le dialogue est la clef, ont-ils commenté. La déclaration suggère, comme première étape, "la tenue de discussions internationales permettant de comparer et d’étudier les expériences de chaque pays (…). De telles comparaisons permettraient d’éviter les expérimentations onéreuses et les doublons, qui s’avèrent superflus et coûteux, afin de réduire les investissements inutiles dans des domaines de recherche qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs."
Les technologies vertes et le vieillissement, des “points de départ évidents”
Les recherches sur le changement climatique, les énergies alternatives et les soins de santé destinés à la population vieillissante sont autant de “domaines où il est relativement facile d’entamer une collaboration”, indique le rapport. Car ce sont des domaines d’innovation qui entendent relever les grands défis de notre époque.
Le rapport aborde également la questions des visas scientifiques, des règles de propriété intellectuelle et des différences de régimes juridiques qui limitent la mobilité des chercheurs, des idées, et des domaines où une coopération internationale renforcée est impérative.
Cependant, les intervenants ont été moins précis sur les mesures que les pays devraient adopter, ou les nouveaux mécanismes qu’ils devraient mettre en place, pour parvenir à ces objectifs de coopération.
POSITIONS :
Le président du Mouvement européen, Pat Cox, ancien président du Parlement européen, a présidé la réunion et affirmé que, “si l’on veut collaborer, il faut s’accorder sur la façon d’évaluer les résultats. Ces étapes peuvent sembler un peu terre-à-terre, mais quand on ne possède pas ces bases, la construction avance pierre par pierre”, a-t-il expliqué.
M. Cox a passé en revue un certain nombre de domaines où la coopération internationale devrait démarrer : “l’évaluation des performances, les indicateurs clefs de performance, le rythme de publication, le degré d’ouverture et d’accès aux découvertes et les règles qui s’y rapportent et le caractère suffisant de l’encadrement financier.”
Helmut M. Schühsler, gestionnaire de TVM, a expliqué que la démarche de son groupe consistait à "faire prendre conscience de quelques vérités simples, pendant que des milliards de dollars sont injectés dans l’économie. Que ressortira-t-il de concret au final ? Nous n’en savons rien", a-t-il déclaré. "Malheureusement, ce monde n’est pas un terrain de jeu où chacun coopère et collabore dans la bonne humeur. Ce monde est basé, autant que peut l’être une entreprise, sur les avantages comparatifs, aussi bien au niveau du monde des affaires qu’au niveau sociétal."
Et de conclure : "Il faut le reconnaître, la nature des innovations que nous choisissons de développer aujourd’hui et la façon dont nous les développons, détermineront – pour les 50 prochaines années et même après – la capacité des différentes sociétés à se distinguer sur ce terrain de jeu inégal”, a-t-il conclu.




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