Si l’information dévoilée par EurActiv.com est confirmée, l’organisation d’un nouveau référendum irlandais en juin marquerait un changement de cap significatif de la part du premier ministre Brian Cowen. Ce dernier avait en effet indiqué lors du sommet européen de décembre que le second référendum aurait probablement lieu fin 2009 (EurActiv.com 12/12/08). 

Le texte devait dès lors entrer en vigueur en janvier 2010, si le vote se révélait positif (Lire le Dossier d’EurActiv.fr). 

Mais alors que l’économie irlandaise est en chute libre, de récents sondages ont montré qu’en cas d’éventuel second référendum, le soutien populaire au traité de Lisbonne serait fort. Ce résultat a conduit une partie du gouvernement irlandais à envisager l’avancement du vote. Selon une source du ministère des Affaires étrangères, les partisans d’un vote au mois de juin estiment en effet nécessaire de se fier à la population qui y serait favorable. 

L’eurodéputé irlandais Eoin Ryan, membre du parti Fianna Fail, présidé par M. Cowen, a appelé les chefs de gouvernement à tirer profit du soutien grandissant du public à l’égard du traité. Ce serait, selon lui, un moyen d’accélérer la mise en forme des concessions garanties à l’Irlande lors du sommet européen de décembre. (EurActiv.fr 08/12/2009).

«Si les négociations aboutissent rapidement et que les garanties juridiques nécessaires existent, alors je pense que le gouvernement devrait organiser un référendum sur le traité de Lisbonne révisé le plus tôt possible », a-t-il souligné. 

Des sources politiques irlandaises ont indiqué à EurActiv.com que l’existence de Libertas –du nom de la plateforme créée par Declan Ganley, qui défend le non au traité – pourrait également engager le gouvernement à avancer le référendum au mois de juin. La débâcle relative aux non-signatures (EurActiv.com 05/02/09) a sérieusement discrédité Libertas, selon cette même source. Le gouvernement y verrait donc une raison de plus d’avancer le référendum, a-t-il souligné. 

Toutefois, le ministère irlandais des Affaires étrangères a averti que jusqu’à présent, il ne s’agissait de rien de plus que des conjectures. «C’est pour l’instant une possibilité», y estime-t-on. 

L’organisation d’un référendum sur le traité de Lisbonne en même temps que les élections européennes avait été suggéré, en septembre dernier, par le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, lors d’un discours prononcé en marge de l’université d’été du PPE-DE (lire EurActiv.fr, 23/09/2008).

A noter que les Irlandais ont dit non une première fois au traité de Lisbonne le 13 juin 2008. (EurActiv.fr 16/06/2008)