Pensez-vous que les listes du Parti socialiste français seront approuvées par les militants le 12 mars ?

Oui je le crois. C’est toujours difficile de faire des listes pour les élections européennes. Sans compter que cette année la France va avoir moins de députés et que nous avions fait un bon score en 2004. Lors de la dernière législature, il y avait 14 sièges à pourvoir en Ile-de-France. Il y en a 13 cette année. Mécaniquement nous savons donc que ce sera difficile de reconduire le même nombre de députés.

Or il y a beaucoup de candidats et il y avait beaucoup de sortants. Et dans le même temps, nous avions une volonté de renouvellement et nous voulions assurer un équilibre entre l’expérience, le renouvellement, et la diversité. Il y a donc forcément des déceptions, parfois même des cas très douloureux, même si nous avons fait ces listes avec l’idée de rassembler le Parti socialiste après un congrès où différentes sensibilités se sont exprimées. Chacune de ces listes est à l’image de ce rassemblement. Elles ont de plus été adoptées par plus de 90% des membres du conseil national qui sont des élus de toutes les fédérations venant de toute la France. C’est pourquoi je crois qu’elles seront très largement investies et qu’au-delà du 12 mars nous pourrons nous lancer dans la campagne.

Le PS français soutient la candidature de l’ancien premier ministre danois, Poul Nyrup Rasmussen à la présidence de la Commission européenne. Y-a-t-il une adhésion du PSE sur cette candidature ?

Nous avons un débat actuellement au sein du PSE à ce sujet. Tous les partis rassemblés autour du Manifesto vont se présenter dans toute l’Union sur un programme commun. Il s’agit d’une plateforme axée sur la réorientation de l’UE vers un autre modèle de développement de croissance de société qui soit à la fois une réponse à la crise et à la hauteur de l’idéal européen.

Nous souhaitons que l’Europe ne soit pas simplement un marché, mais un projet au service du développement humain.

Le point d’orgue de cette démarche est, selon nous, de proposer au citoyen de changer de majorité et de présidence de la Commission européenne. Les traités donnent au Parlement européen le pouvoir d’investir le président de la Commission, proposé par le Conseil européen.

Le futur traité de Lisbonne indique de façon explicite que le président de la Commission doit être présenté en tenant compte du résultat des élections européennes. Nous proposons d’appliquer d’ores et déjà cette possibilité en faisant en sorte que le Parti socialiste européen présente un candidat. Il doit, selon nous, s’agir du président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, ancien premier ministre du Danemark, ancien syndicaliste et qui, pendant les neuf années où il a été premier ministre a mis en œuvre des mesures concrètes pour renforcer le progrès social.

Poul Nyrup Rasmussen a-t-il donné son accord ?

Je crois qu’il n’y a aucun doute que si le Parti socialiste européen est majoritaire, à l’issue de ces élections, il acceptera d’être candidat. Mais nous pensons que  tous les partis socialistes, qui sont regroupés dans le PSE, doivent porter ensemble cette candidature, dès la campagne électorale.

Le programme du PS français évoque très peu les questions environnementales. Pourquoi ?

C’est tout à fait développé dans le Manifesto. Pour renforcer la croissance de l’Europe, qui doit être une croissance durable fondée sur l’innovation, il faut faire de l’Europe une plateforme de création du développement durable. Si l’on veut aujourd’hui réorienter des industries traditionnelles comme l’industrie automobile par exemple, il faut être les meilleurs et les premiers dans le développement des voitures propres.  L’investissement dans les énergies renouvelables, le soutien aux mesures prises sur le plan national pour investir dans l’isolation thermique des bâtiments, les transports propres, les réseaux de tgv européen mais également tous les réseaux de transport propre y compris de proximité, doivent être au cœur d’un grand plan d’investissement énergétique pour la relance.

Ne faudrait-il pas mettre en œuvre des critères contraignants pour obliger les Etats à investir dans l’innovation ?

Bien sûr. C’est déjà en partie le cas en matière environnementale mais je pense que cela doit l’être beaucoup plus encore, notamment dans le domaine énergétique. A ce titre, il faut renforcer les directives sur la proportion d’énergie renouvelable, par exemple l’éclairage public, même si nous avons déjà voté un certain nombre de normes qui vont nous permettre d’économiser énormément d’énergie. Les économies d’énergie sont la première ressource énergétique disponible en Europe.

Comment comptez-vous aborder les citoyens pour leur parler de cette Europe qui leur semble lointaine ?

Face à une crise qui met en cause à la fois la folie financière et aussi l’injustice d’un système, nous allons montrer au citoyen qu’il y a une alternative. Nous allons leur expliquer qu’il faut une réorientation du modèle économique européen et des politiques qui ont été menées. Les partis regroupés autour du Manifesto proposent des réponses, dans chacun de ces domaines, au cœur des préoccupations des citoyens pour l’avenir de l’Europe : la lutte contre le dumping social, la réorientation de l’outil industriel vers la croissance verte, la régulation du système financier…