Au cours d'une réunion consacrée au développement durable, 35 des 43 ministres de la région ont acté la mise à disposition de 20 milliards d'euros par les bailleurs de fonds.
L’UPM, c’est reparti. 35 des 43 pays que comptent le processus se sont réunis à Paris, jeudi 25 juin, dans le cadre d’une réunion ministérielle consacrée au «développement durable». Et la co-présidence franco-égyptienne n’a cessé de marteler un message: l’Union pour la Méditerranée n’est pas morte.
La crise de Gaza avait pourtant largement freiné le processus (EurActiv.fr, 07/01/2008). Réunions techniques et diplomatiques avaient été stoppées net. La rencontre de Jean-Louis Borloo avec ses homologues est donc, tout comme le sommet du 13 juillet, d’abord vu comme un succès diplomatique (EurActiv.fr, 13/07/2008). Et pourtant, les ministres, qui devaient originellement se retrouver début juin à Monaco, avaient finalement reporté leur réunion.
La présence des représentants israéliens et palestiniens a fait la fierté des organisateurs. «C’est la première fois que l’on réunit tout le monde autour de projets concrets. Symboliquement, c’est quelque chose de très important», s’est réjoui le conseiller élyséen et chef de la mission «Union pour la Méditerranée», Henri Guaino. Israéliens et Palestiniens construiront-ils un projet en commun? «C’est ce que nous espérons tous», lance le conseiller du président.
La rencontre a surtout été l’occasion de faire un point d’étape sur les projets en cours, dont la dépollution de la Méditerranée ou le plan solaire. Les ministres se sont réunis pour examiner les projets de développement durable, c’est-à-dire le volet d’initiatives le plus important de l’Union pour la Méditerranée.
«Mettre sur pieds des projets rentables»
Les besoins pour les 20 prochaines années sont estimés par la Banque européenne d’investissement (BEI) à 200 milliards d’euros. En attendant, les bailleurs de fonds, également présents, ont confirmé avoir mis sur la table plus de 20 milliards d’euros pour financer les initiatives dans les secteurs des transports, de l’eau et de l’environnement, de l’énergie et du développement urbain durable.
La crise économique aura-t-elle un impact sur la collecte du reste des fonds nécessaires, notamment auprès des investisseurs privés? «On a de l’argent avant même de pouvoir commencer à le dépenser», répond Jean-Louis Borloo. «Il y a un désir de la part du secteur privé de prendre part dans l’UPM», explique pour sa part le ministre égyptien du Commerce et de l’industrie, Rachid Mohamed Rachid (Euractiv.fr, 15/07/2008).
«L’idée, c’est de pouvoir mettre sur pieds des projets rentables pour attirer des investisseurs», ajoute Henri Guaino. Quoiqu’il en soit, les ministres chargés de l’Economie et des finances des 43 pays devraient revenir sur ces questions le 7 juillet, en marge de la traditionnelle réunion «Ecofin» des ministres européens.
«Les 230 à 250 projets que nous avons passés en revue sont des projets réels et de développement», se réjouit le ministre égyptien. «Si nous en réalisions ne serait-ce que la moitié, ou un quart, les répercussions seraient grandes.» Evoquant les obstacles politiques d’une telle construction diplomatique et politique, Jean-Louis Borloo précise: «Nous n’ignorons pas les difficultés qui sont sur le chemin. C’est comme ça, c’est normal.»
Mais dans l’entourage d’Henri Guaino, où l’on fustige volontiers une Union européenne engluée dans la technocratie, on ne cesse de marteler que les projets à l’étude sont «concrets» et «auront un impact sur la vie des habitants du pourtour méditerranéen». Impossible, pour le moment, d’indiquer quand ces premières initiatives verront le jour. «Ce sont des projets énormes. Mais malgré la crise de Gaza, ils n’ont jamais cessé de progresser», précise Guaino.
Les réunions des diplomates des quarante-trois pays devraient maintenant officiellement reprendre. Ils se retrouveront pour la première fois depuis la crise de Gaza le 7 juillet, à Bruxelles. Quant à la France, elle restera à la tête du processus avec l’Egypte, jusqu’à la mi-2010. «Si tout s’est bien passé avec les Tchèques [dont la présidence de l’UE s’achève], nous travaillons à un arrangement de travail avec la future présidence suédoise», explique un diplomate français. «Il faut trouver le compromis entre respect du droit communautaire et Union pour la Méditerranée», poursuit-il, en affirmant que Nicolas Sarkozy évoquera cette question lors de sa prochaine visite en Suède le 3 juillet.
CALENDRIER
- 7 juillet: Réunion des ambassadeurs des 43 pays de l'Union pour la Méditerranée, à Bruxelles.
- 7 juillet: Réunion des ministres de l'Economie et des finances des pays de l'UPM.
- 13-14 octobre: Réunion ministérielle de l'environnement à Dubrovnik (Croatie)
- 24-25 novembre: Réunion ministérielle des Affaires étrangères
- D'ici à la fin 2009: Réunion ministérielle sur les transports en Egypte et réunion ministérielle sur l'énergie en Grèce.
- Fin 2009: Mise en place du secrétariat général de l'UPM à Bracelone (Espagne)
- Courant 2010: Réunion ministérielle sur l'eau
- Courant 2010: Réunion ministérielle sur le développement urbain durable





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