Alors que les auditions des membres de la Commission Barroso II commencent le 11 janvier, le commissaire désigné à la Politique régionale, Johannes Hahn, est revenu sur les contours de sa mission et ses ambitions pour ce poste.

Afin de dissiper d’emblée toute critique éventuelle concernant son intérêt tardif pour les affaires européennes, le commissaire autrichien a affirmé que la dimension européenne avait depuis toujours guidé son parcours politique.

« Je me rappelle très bien combien nous avons milité pour promouvoir l’adhésion de l’Autriche à ce qui était alors la Communauté des 10, lorsque je travaillais avec d’autres jeunes politiques membres de la Junge ÖVP [l’organisation pour la jeunesse du Parti populaire autrichien conservateur], parfois même contre les sceptiques dans mon propre parti », a-t-il affirmé.

Il a également réfuté les accusations de ceux qui voient dans sa nomination à la Commission européenne le moyen de réduire son niveau de responsabilité au sein de l’ÖVP, en prévision des prochaines élections autrichiennes.

« Si mes concurrents politiques me critiquent, j’y vois surtout la preuve que j’ai réussi à accomplir quelque chose », a-t-il dit.

Bouclier protecteur

Il a également cherché à justifier le choix des autorités autrichiennes. Pour certains, il s’agit en effet d’une véritable occasion manquée : celle de nommer une femme ou encore un commissaire plus expérimenté à ce poste. « Au sein du Parti populaire, il y avait plusieurs candidats qualifiés, hommes et femmes. Mais le gouvernement fédéral devait parvenir à un consensus sur une personne. Au final, le chancelier fédéral [le social démocrate Werner Faymann] et le chancelier adjoint [le conservateur Josef Pröll] m’ont choisi », a déclaré M. Hahn.

Invité à donner son opinion sur l’élargissement de l’UE à la Turquie, aux pays balkaniques et à l’Ukraine, le futur commissaire s’est abstenu de toute déclaration politique, expliquant que les prochaines étapes du processus étaient clairement identifiées. Il a souligné le rôle moteur qu’a joué l’Autriche en faveur de la poursuite des négociations avec la Turquie et a affirmé la nécessité de soumettre ce sujet à un questionnement intense, de la part de la Turquie mais aussi de l’UE. 

M. Hahn a également dit quelques mots sur la perception qu’ont les Autrichiens de l’UE. Bien qu’encore majoritairement négative, il a souligné la nette amélioration de l’attitude autrichienne au cours des derniers mois.

« La population a réalisé à quel point l’UE a joué un rôle de bouclier protecteur durant la période de crise », a-t-il dit. « Cela rend les gens confiants. Ils croient en l’UE. Cette confiance doit être mise à profit pour clarifier le fait que l’UE n’est pas seulement un abri en temps de crise, mais aussi un bon foyer dans la vie de tous les jours. »

« Il faut faire usage de toutes les possibilités qu’offre notre Europe, unifiée et pacifique », a déclaré le commissaire, faisant notamment référence au programme d’échanges Erasmus consacré aux étudiants européens. « Je souhaite que chacun puisse au moins une fois dans sa vie faire l’expérience de cette valeur ajoutée », a-t-il ajouté. « L’Europe est un projet qui agrandit, qui élargit, cela s’applique aux perspectives individuelles aussi bien qu’aux pays et aux régions. »