Alors que les têtes de listes, ont été présentées en grande pompe, samedi 24 janvier (EurActiv.fr, 26/01/2009), en présence du président de la République, la constitution des listes de l’UMP pour les européennes patine. Pas un jour ne s’écoule sans que ne s’étale dans la presse régionale, la liste des potentiels candidats à la candidature. A ce titre, la quatrième place de l’UMP en Ile-de-France est emblématique. Elle est en effet briguée par une bonne dizaine de candidates potentielles, le siège étant réservé à une femme (EurActiv.fr, 20/03/2009).

Depuis le mois de janvier, le parti n’a cessé de décaler la présentation de ses listes. D’abord prévue à Marseille les 26 et 27 mars, elle a été reportée une première fois sine die, avant d’être fixée au 28 avril, puis d’être à nouveau reportée. Une réunion stratégique avec les 72 candidats du parti avait même été prévue pour le 28 mars, avant d’être elle aussi reportée. «Les listes seront présentées en temps utile», rétorque-t-on auprès du directeur de la campagne Franck Riester. «Une campagne coûte cher», estime un responsable UMP, selon lequel une entrée active en campagne au mois de mai est amplement suffisante, sous peine d’essoufflement. 

Même Jean-Claude Gaudin, le vice-président du parti chargé de composer les listes, reconnaît des difficultés. «Dans chaque région, on n’arrive pas à caser dans les trois premiers un de chaque département. Il faut arriver à convaincre des personnalités de ne pas être là, de reculer, etc…»

Car tout le problème est bien là. Non seulement le mode de scrutin oblige les partis à alterner les candidatures féminines et masculines, mais en plus le découpage régional handicape les grands partis. «Comme nous pouvons avoir entre trois et quatre élus par circonscriptions, chaque région s’attend à avoir l’un des siens en tête», explique l’eurodéputé (UMP) sortant Alain Lamassoure. Une situation en décalage avec le Parti socialiste qui, après un mois de déchirements internes, a présenté ses listes à la mi-mars. (EurActiv.fr, 23/03/2009) «Au PS, ils sont à la fois divisés en courant et sur le fond du problème, entre “oui-iste” et “noniste”. Mais chez nous, c’est infiniment plus facile: nous sommes tous pro-européens et sarkozystes», ironise Alain Lamassoure.

Lamassoure remplacé

Malgré le soutien de l’eurodéputée luxembourgeoise Astrid Lulling, qui a récemment écrit à Nicolas Sarkozy pour s’inquiéter de sa mise à l’écart des listes électorales, Alain Lamassoure est loin d’être assuré de la troisième place dans le Sud-Ouest. «J’ai vu Xavier Bertrand début mars, et depuis je n’ai plus aucune nouvelle», dit-il. «J’ai été remplacé comme responsable des affaires européennes à l’UMP et on m’a demandé de cesser de faire campagne en attendant de connaître la composition des listes», affirme-t-il. En 2004, il avait été l’un des deux élus UMP de la région aux européennes.

Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, Luc Guyau, avait aussi été pressenti pour occuper la troisième place de la liste de l’Ouest, co-pilotée par Christophe Béchu et la sortante Elisabeth Morin. Mais depuis que Le Figaro a annoncé qu’il «jetait l’éponge», M. Guyau se bat pour indiquer qu’il «reste disponible» pour figurer sur les listes de sa région. Même si, confie-t-il à EurActiv.fr, il admet avoir «peu de chance» d’être candidat en place éligible.