Lors des ses voeux à la presse, le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, est revenu sur les difficiles négociations sur la PAC au niveau européen et sur l'application du bilan de santé en France.
Documents officiels
UE 2008
le bilan de santé de la PACAssemblée nationale
bilan de santé de la PAC par Hervé GaymardCommission européenne
le bilan de santé de la PAC
Rentrant juste de Bruxelles, où il a été auditionné par les députés européens membres des commissions Agriculture et pêche, le ministre de l’Agriculture français a présenté, mardi 20 janvier, ses vœux à la presse. L’Europe a occupé une large place dans ses propos. «Je suis le seul ministre dont le domaine est à ce point mutualisé», s’est-il exclamé.
Une mutualisation qui pousse le ministre à faire de la politique agricole commune l’une de ses priorités pour les mois à venir. Objectif: rendre la politique européenne «plus légitime», non seulement aux yeux des professionnels, mais aussi dans l’esprit du reste de la population.
Alors que la Présidence française a réussi, non sans difficulté, à faire adopter le bilan de la PAC par une majorité d’Etats, l’heure est maintenant à la préparation de la prochaine politique agricole commune (EurActiv.fr, 23/12/2008), qui entrera en vigueur en 2013. Sur le plan français, Michel Barnier a d’ailleurs nié toute réticence de la part des organisations professionnelles. «Il faut du temps», a-t-il dit, expliquant que le bilan de santé avait surpris les professionnels en raison de la diversité des outils qu’elle propose.
Débat très difficile
«Nous n’allons pas utiliser tous les outils en même temps», a-t-il dit, en précisant que le bilan de santé allait commencer à être appliqué «fin janvier ou début février». En attendant, le ministre poursuit son marathon auprès des professionnels pour promouvoir ce bilan de santé. Plusieurs fois par semaine, il rencontre des associations de régions et d’élus, des représentants syndicaux et des parlementaires.
«Le débat sur l’avenir de la PAC sera extrêmement difficile», a-t-il néanmoins reconnu. Une difficulté que Michel Barnier a pu éprouver tout au long de sa présidence du Conseil des ministres européens de l’agriculture, lui qui avait annoncé dès le mois de mars à l’Assemblée nationale (EurActiv.fr, 31/12/2008) sa volonté d’ouvrir le débat politique sur la PAC post-2013. Mais qu’il n’a pas réussi à faire avancer, faute de consensus entre les Etats. La conclusion du bilan de santé avait nécessité, à elle seule, une nuit de négociations, face à une Allemagne très réticente. Berlin avait finalement adopté le texte. «Sans l’accord de l’Allemagne, il était hors de question de conclure les négociations», a souligné Michel Barnier. Un accord qui sera également nécessaire pour la future PAC.
Et le ministre de rappeler qu’en 2013, pour la première fois, la contribution de la France au budget de la PAC sera supérieure à la somme reçue par ses agriculteurs. «Nous souhaitons conserver cette politique communautaire», a insisté le ministre, en confirmant que la France participera aux deux ateliers sur le sujet organisés par la présidence tchèque de l’UE.
«On ne peut pas seulement parler d’alimentation et d’agriculture à l’OMC», a martelé Michel Barnier en défendant une «nouvelle gouvernance» dans les domaines agricole et alimentaire, un de ses leitmotiv (EurActiv.fr, 15/10/2008). «L’alimentation n’est pas un produit comme les autres, a-t-il poursuivi. Je ne la laisserai pas aux seules lois du marché.»
Il a également défendu «une Europe qui réagit, une Europe qui agit, une Europe qui protège». Un slogan qui pourrait bien être repris par le même Michel Barnier lorsque, dans quelques mois, il prendra la tête de la campagne de l’UMP pour les élections européennes de juin (EurActiv.fr, 09/12/2008).




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