Trois jours avant le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes a lancé un avertissement.
Revue de presse
« Quoi qu’il arrive, l’Europe avancera, nous n’avons pas le choix ». Lors d’une interview sur LCI, mardi 28 septembre, Pierre Lellouche a indiqué qu’un éventuel rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne ne signerait pas l’arrêt de l’intégration européenne. « Il y a énormément de travail à faire en matière énergétique, d’immigration, d’industrie, de social, et on ne va pas s’arrêter. Donc on trouvera une solution si jamais nous étions devant une situation de ce genre », a indiqué le secrétaire d’Etat en faisant allusion à un rejet du texte par le peuple irlandais.
Trois jours avant le deuxième référendum sur le traité de Lisbonne, ces propos peuvent étonner. Un pas de plus suffit à dire que l’issue du scrutin n’est pas fondamentale. Autre option envisageable : cet avertissement français ne s’adresserait pas aux Irlandais. Les derniers sondages donnent le oui gagnant à 55% en Irlande. « Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes n’irait pas prendre ce genre de risques, trois jours avant le référendum irlandais. C’est parce que cela semble gagné en Irlande, si les sondages disent vrai, qu’il peut impunément tenir ce discours. Je pense que ce message s’adresse à la République tchèque et non aux Irlandais », explique Xavier Delcourt, professeur à l’école de journalisme de Strasbourg (CUEJ).
Une manière de dire que si le verrou irlandais saute, tout laisse à penser que les Etats ayant ratifié le texte n’accepteront pas d’obstacles supplémentaires à la mise en place la réforme institutionnelle prévue par le traité.
Alors que l’Europe est suspendue à la réponse de l’Irlande sur le traité, Prague continue de faire obstruction. Hostile au texte, le président tchèque, Vaclav Klaus, refuse de signer la loi sur la ratification du traité, pourtant votée par le Sénat en mai 2009. Un nouveau recours contre le texte a en outre été déposé, mardi 29 septembre, par un groupe de sénateurs eurosceptiques, proches du président de la République. (Lire le dossier d’EurActiv.fr)
Interrogée par EurActiv.fr, la députée européenne Sylvie Goulard (ADLE), présidente du Mouvement Européen-France, a refusé de commenter les propos du secrétaire d’Etat. « A ce stade il me paraît important d’encourager les Irlandais à voter oui et surtout de ne pas faire de pronostic » sur l’avenir institutionnel de l’UE, a-t-elle indiqué. Quoi qu’il arrive, « on ne peut pas dire qu’il n’y aura plus de réformes des traités. Ce ne serait pas à la hauteur des enjeux qui attendent l’UE ».



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