Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis fustige la politique étrangère de Nicolas Sarkozy et propose au nom du Parti socialiste européen une alternative qui se veut crédible à l’horizon 2012.
Documents officiels
Parti socialiste européen
Citoyens d'abord, pour un agenda progressiste européen (Résolution N°1)Parti socialiste européen
Agir pour l'avenir, renforcer le PSE (résolution N°2)
On n’en finira jamais de tirer les leçons de la crise. Plutôt que de revenir sur les raisons de l’échec des socialistes aux dernières élections européennes, Jean-Christophe Cambadélis préfère mettre l’accent sur cette « séquence historique qui doit permettre à la social-démocratie de se réinventer ».
Lors d’une rencontre avec la presse, jeudi 10 décembre, le secrétaire du parti socialiste français chargé des relations internationales et européennes a présenté les principales avancées obtenues à l’issue du congrès du PSE, qui s’est tenu à Prague les 7 et 8 décembre.
Parler d’une seule voix en Europe
« Avec ce Congrès, la sociale-démocratie est entrée dans un nouveau cycle », a annoncé Jean-Christophe Cambadélis. Les socialistes européens se sont pour la première fois engagés à l’unisson sur la définition, à l’horizon 2012, d’un « nouvel agenda progressiste européen capable d’influer sur la prochaine stratégie quinquennale de l’Union européenne ». Avec pour principal objectif de « gagner les élections et d’exercer le pouvoir en Europe et dans les Etats membres pour créer de véritables sociétés progressistes au 21ème siècle », peut-on lire dans la résolution adoptée.
« Nous avons toujours été assimilés au libéralisme », a expliqué le député. « Pour le moment, les Européens ne voient pas en quoi nous pouvons constituer une alternative. »
Demain, il faudra donc être capable de parler d’une seule voix. La résolution adoptée à l’issue du Congrès doit permettre au PSE de se renforcer en modernisant ses structures.
Le traité de Lisbonne devrait lui aussi permettre aux socialistes de clarifier leur positionnement en Europe. L’article 17 prévoit que le président de la Commission européenne sera désormais désigné en fonction de la majorité au Parlement européen.
Dans cette perspective, les partis socialistes européens devraient soutenir une candidature commune pour l’après-Barroso, en 2014. « Une commission doit se mettre en place pour définir les modalités d’élection de ce candidat », a affirmé Jean-Christophe Cambadélis.
Pacte franco-allemand du non-dit
Le socialiste français s’est également interrogé sur l’opportunité, pour l’ensemble de l’Union, de ce qu’il appelle le « pacte du non-dit franco-allemand ». « La France n’interpelle pas l’Allemagne sur son plan de relance européen, et de son côté, l’Allemagne ne regarde pas de trop près les déficits français colossaux ». Situation qu’il a jugé incompréhensible, compte-tenu de la rigueur habituelle propre à l’Allemagne sur la question des équilibres budgétaires.
Le député reproche au président français d’alimenter une situation de panne au lendemain de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, en rejetant à la fois l’approfondissement et le futur élargissement à la Turquie.
La rencontre a été l’occasion pour le député socialiste de passer au crible, à mi-mandat, la politique étrangère du président, qu’il a accusé de vouloir « régenter l’Europe. » « Nicolas Sarkozy voit les relations internationales comme un match que la France doit gagner », a déploré Jean-Christophe Cambadélis. Une conception qui se traduit selon lui dans ses rapports avec ses homologues européens.





Réagissez