A l’occasion de sa dernière audition en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet est revenu, jeudi 27 novembre devant une vingtaine de députés, sur la crise financière et ses conséquences, sujet central –et imprévu– de la présidence française de l’UE.
Revue de presse
A quelques jours de son départ du gouvernement (EurActiv.fr 14/11/2008), le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a été auditionné à l’Assemblée nationale par une vingtaine de députés des commissions des Affaires économiques et des Affaires européennes.
Il est revenu assez largement sur les sujets économiques et financiers, qui constituent non seulement le domaine de prédilection de cet ancien de l’inspection général des finances, mais aussi l’un des sujets centraux de la Présidence française, durant laquelle s’est invité la crise financière.
Alors que Nicolas Sarkozy avait laissé entendre auprès de journalistes (EurActiv.fr 23/10/2008) qu’il comptait rester à la tête de l’Eurogroupe au-delà de la présidence française de l’UE, Jean-Pierre Jouyet a estimé que lorsque des sujets économiques et financiers deviennent des priorités politiques, ils doivent être traités au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement. «Il y a une différence assez sensible entre la solidarité qui existe entre les pays membres de la zone euro, et les autres solidarités», a-t-il estimé, faisant référence à la baisse de la TVA par le gouvernement britannique, intervenu en début de semaine.
«Il faut se tourner vers l’emprunt»
Au cours de cette audition, Jean-Pierre Jouyet s’est également fait le défenseur du plan de relance européen présenté le 26 novembre à Bruxelles par le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso. «On ne peut pas demander au budget communautaire plus que ce qu’il ne peut donner», a-t-il dit, estimant que les institutions commmunautaires ne disposaient pas d’instruments assez concentrés pour relancer à elles seules l’économie européenne.
Cependant, il a reconnu que pendant la crise financière, «on aurait pu attendre de la Commission européenne une attitude pro-active et plus participative qu’elle ne l’a été». Il a estimé que l’Europe disposait d’un «levier d’action» important, désignant ainsi la Banque européenne d’investissement (BEI). «Dès lors que le budgétaire et que le monétaire sont limités, a-t-il ajouté, le volet vers lequel il faut se tourner, c’est l’emprunt.» Aussi le secrétaire d’Etat a-t-il estimé qu’un emprunt européen était nécessaire pour attirer des capitaux étrangers, notamment asiatique et provenant des pays du Golfe, sur des projets européens.
La crise financière a également, selon Jean-Pierre Jouyet, contribué à faire prendre une conscience plus accrue de l’Europe aux Français.
Au début de son audition, unaniment remercié par les députés de tous les groupes, Jean-Pierre Jouyet avait lancé: «J’ai du regret pour ce que je quitte. Ma prochaine fonction, [la présidence de l’autorité des marchés financiers (AMF),NDLR], sera une autre manière de faire l’Europe». Il prendra la tête de cette autorité à partir du 15 décembre.





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