Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a du faire face le 16 décembre aux accusations de certains membres du parlement européen. Selon eux,la dimension sociale n’est pas assez présente dans son projet relatif à la future stratégie de Lisbonne, pour le renouvellement économique et environnemental à l’horizon 2020.
Revue de presse
Répondant à Strasbourg pendant une heure aux questions des eurodéputés, le président de la Commission a été mis en difficulté sur son engagement social.
Le socialiste britannique Stephen Hughes a fait notamment référence aux protestations du réseau européen des associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (EAPN) , selon lesquelles la stratégie 2020 constitue « un pas en arrière par rapport à l’engagement pris par les Conseils européens successifs de renforcer la dimension sociale » des politiques de l’UE. En réponse, le président de la Commission a réaffirmé que son objectif était : « le renforcement du mécanisme de gouvernance » pour les éléments sociaux présents dans la stratégie.
Pour le moment il ne s’agit que d’un document consultatif, a-t-il rappelé, avant d’ajouter que la dimension sociale pourrait différer dans la version finale.
Barroso reproche aux Etats membres leur inaction
Il semble que sur ce point le président Barroso ait parlé en son nom propre, ont fait remarquer les députés, car s’il a souvent poussé par le passé dans le sens d’un renforcement de la coopération européenne en matière sociale, il s’est toujours trouvé finalement confronté à l’opposition des Etats membres désireux de garder jalousement leur souveraineté dans ce domaine.
«Ce n’est pas nouveau," a-t-il rétorqué, ajoutant qu’à plusieurs reprises sa Commission a fait des "propositions très concrètes" pour améliorer la coopération sociale. Mais face à lui, toujours un "très fort non " des États membres.
Toutefois, le président de la Commission a fait valoir devant les députés que les choses pourraient être différentes cette fois.
« La crise a fait prendre davantage conscience aux Etats membres du besoin d’avoir une coordination réelle sur les aspects sociaux, et je vais lutter pour cela », a-t-il dit, indiquant que le nouveau président stable du Conseil de l’UE, Hermann Van Rompuy, avait justement appelé à un échange de vues informel entre les dirigeants européens sur ce sujet début février 2010. "Nous avons besoin du soutien des Etats," a conclu M. Barroso.
Concernant le calendrier de finalisation de la stratégie, il a dit espérer avoir une communication officielle prête d’ici le sommet européen de printemps en mars prochain, mais que cela repousserait la présentation des conclusions formelles aux dirigeants de l’UE jusqu’à leur réunion de juin.
"Je pense que c’est mieux," a fait remarquer le président de la Commission, car cela laissera suffisamment de temps au Parlement pour s’approprier pleinement la stratégie.
José Manuel Barroso a aussi été très critiqué pour avoir choisi d’organiser la consultation pour la stratégie 2020 pendant la période très occupée des Fêtes de Noël.
CONTEXTE:
En 2000, l'UE a lancé son ambitieuse «stratégie de Lisbonne» pour devenir «l’économie de la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive au monde d’ici 2010».
Après cinq premières années de résultats limités, les dirigeants de l'UE ont décidé, en mars 2005, de relancer la stratégie en mettant davantage l'accent sur la croissance et l'emploi, et de transférer une plus grande responsabilité aux États membres via des plans d'action nationaux.
Dès 2009, l’échéance approchant de nouveau, la Commission européenne et les gouvernements nationaux ont commencé à réfléchir sur le renouvellement de la stratégie post 2010.
Au mois de novembre, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a publié un document de consultation établissant une «feuille de route». La stratégie, dénommée UE 2020, a cette fois pour objectif de sortir l’UE de la récession tout en poussant l'Europe vers une économie verte, fondée sur la connaissance.
Le projet a déjà été condamné par certains milieux, qui la considèrent trop «court-termiste".




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