Quelles conclusions tirez-vous de cette réunion de deux jours avec la Confédération européenne des syndicats?

Le syndicalisme européen est uni derrière la déclaration de Paris, qui est un texte fort. Et puis je crois que la seule force réellement existante en Europe et capable de parler d’une seule voix, c’est le syndicalisme. Ce qui est une bonne chose, au moment où beaucoup de personnes doutent de l’Europe.

Que les syndicalistes montrent l’exemple en disant que l’Europe est une solution à la crise, à condition qu’elle prenne les bonnes décisions, est très positif. 

Quel rôle pouvez-vous jouer dans cette campagne des élections européennes?

Nous ne jouons absolument aucun rôle partisan dans cette campagne. En revanche, notre rôle est de dire qu’il faut absolument s’occuper de l’Europe. Cette crise économique est la justification de tout ce que nous disons depuis dix ans. Face à cette situation, chaque pays ne s’en sortira que s’il y a une prise de conscience européenne sur l’avenir de l’économie de notre continent. La crise est mondiale, elle n’est pas nationale, elle est européenne.

Mais si la réponse à la crise vient nécessairement de l’Europe, pourquoi a-t-on l’impression que la campagne ne prend pas?

Parce que l’Europe a déçu. Parce que l’application des règles européennes, et en particulier celles qui régissent le marché, ont été faites d’une façon trop libérale et que leur rééquilibrage sur le social et l’environnemental n’a pas été pris en compte. 

Il est donc temps de se dire que ce n’est pas en repoussant l’Europe parce qu’elle a fait des erreurs de fonctionnement que l’on aura des solutions. Au contraire, c’est en rectifiant ces erreurs que l’on pourra intègrer plus de social, plus d’environnemental, plus de réglementation dans l’économie pour que l’Europe puisse parler de façon forte dans le concert mondial.