Le dernier rapport trimestriel sur l’emploi et la situation sociale dans l'UE publié par la Commission européenne est alarmiste. Il met en garde contre des mesures d’austérité qui auraient des effets distributifs régressifs.
Documents officiels
Tensions sur les marchés obligataires, perte de confiance entre les banques, mécanismes de sauvetage encore balbutiants… les dirigeants européens ont les yeux rivés sur ces difficultés, moins sur l'économie réelle. Mais en attendant de pouvoir trouver des solutions, ces problèmes se traduisent par une détérioration du marché du travail et une paupérisation croissante dans les pays de l’UE.
Chômage en hausse
Dans son dernier rapport trimestriel sur l’emploi et la situation sociale dans l’Union européenne, publié mardi 10 janvier, la Commission fait le constat accablant qu’après un léger soubresaut au premier semestre de 2011, l’emploi a de nouveau plongé en fin d'année, tandis que le chômage a atteint un niveau historiquement élevé (9,8%).
La situation des jeunes reste particulièrement alarmante, avec plus de 5,6 millions de chômeurs en novembre 2011, soit un taux de chômage de 22,3% alors qu'il se situait encore autour de 15% au printemps 2008. Parmi les populations les plus touchées se trouvent également les personnes les moins qualifiées et les immigrés.
Le chômage de longue durée gagne également du terrain, représentant une part toujours plus grande du nombre total de demandeur d'emploi (4% mi-2011, contre 2,5% mi-2008). Les personnes n'étant pas parvenues à réintégrer le marché du travail après avoir perdu leur emploi en 2008 ou 2009 se retrouvent face à une situation toujours très tendue fin 2011.
Taxations progressives
Dans ce contexte, une majorité de citoyens estime que leur situation financière s'est détériorée l'année dernière. En cause, selon le rapport, les hausses de prix et les taxes indirectes qui ont été accompagnées par des baisses ou un gel des salaires. Quant au nombre de ménages endettés, il a pratiquement retrouvé son niveau de fin 2008, en plein cœur de la crise financière. Conséquence directe d'une conjoncture léthargique, la pauvreté s'est accrue dans certains pays en 2010 (selon les chiffres les plus récents), plus particulièrement en Espagne, en Irlande et dans les pays baltes.
Le rapport de la Commission souligne par ailleurs que l'austérité budgétaire n'a pas les mêmes effets dans tous les pays de l'UE. Il recommande de privilégier des mesures fiscales progressives, comme c'est le cas en Grèce et en Irlande, à une taxation régressive (diminuant à mesure que les ressources augmentent) qui fait porter une part plus importante du fardeau sur les plus pauvres (exemple du Portugal).





Réactions
Machiavelli (non vérifié), le 12/01/2012
L'excédent commercial permanent et impressionnant de l'Allemagne, réalisé aux dépens des économies de la Zone Euro moins compétitives et réinvesti en dehors de celle-ci, représente une fuite de capitaux légale, il saigne ainsi à blanc la Zone Euro. Après la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Italie ce sera la France. Il faut à tout prix stopper l'hémorragie que représente l'excédent commercial allemand puisque réalisé dans la Zone Euro et réinvesti en dehors de celle-ci. Le chômage des jeunes dans certains pays a dépassé les 40%. A quand la révolution?
Ces bénéfices ont souvent été réalisés aux dépens d'un surendettement des autres pays de l'Union Monétaire et de l'UE, en fait ce sont pour l'ensemble de l'UE des faux bénéfices, la fuite de capitaux elle est bien réelle. Les usines ont bien été construite partout dans le monde et sont aussi productives sinon plus productives que les nôtres.
Machiavelli (non vérifié), le 12/01/2012
La « règle d'or » ou, puisqu'il faut parler allemand maintenant en Europe, comme exigé par M Kauder (chef du parti CDU de Mme Merkel), die Schuldenbremse“ est un peu ce qu'est la fausse planque aux criminels qui, interrogés par la police, mènent celle-ci à une planque dans laquelle bien évidemment le butin ne se trouve pas.
Ainsi vouloir limiter la dette budgétaire d'un pays, sans en limiter le déficit de la balance commerciale, conduit ce pays inexorablement à la pauvreté. La fuite de capital due au déficit de la balance commerciale n'étant ni contrôlée ni interdite.
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