La politique européenne des biocarburants ne constitue non seulement un enjeu écologique mais aussi commercial, explique le directeur du European Centre for International Political Economy, Fredrik Erixon, dans une analyse pour Telos.
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Biocarburants: paquet sur les critères de durabilité
Est-il vraiment dans l’intérêt de l’Europe de provoquer une guerre commerciale sur le changement climatique ? Certains le pensent : Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont récemment proposé aux autres dirigeants européens d’imposer des tarifs aux pays qui ne vont pas aussi loin que l'UE dans la réduction de leurs émissions. Mais c’est une politique à courte vue. Si elle était mise en œuvre, non seulement elle nuirait à une économie européenne très dépendante de ses importations de biens intermédiaires, mais elle limiterait sa capacité à réduire efficacement et à coût raisonnable ses émissions de CO2.
Même si la lettre de Sarkozy et Berlusconi n’est sans doute qu’une opération de communication politique, l'UE est sur le point d'introduire la toute première législation limitant le commerce sur la base de la lutte contre le changement climatique. Il s’agit de la directive sur les énergies renouvelables (Renewable Energy Directive, RED), qui vise à augmenter radicalement l'usage des biocarburants en Europe et dont l’enjeu pour l’UE est de tester jusqu’où elle peut aller sans déclencher une guerre commerciale ou une dispute au sein de l'OMC. Cette politique intéresse fort les nombreux pays qui envisagent des mesures de restriction du commerce extérieur dans le but de protéger leur politique de changement climatique.
La politique de l’UE en matière de biocarburants est un bon exemple de la tendance récente au protectionnisme vert. La production de biocarburants est lourdement subventionnée en Europe. Elle est protégée par des tarifs, sur l'éthanol en particulier (jusqu'à 63%) ; et elle bénéficie en outre de subventions qui, selon la dernière étude de la Global Subsidy Initiative, menée par l'Institut international pour le développement durable, s'élève à 0,5 euro par litre de diesel bio et 0,74 euro par litre d’éthanol.




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