Dans une analyse publiée par Télos, le directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d’analyse économique Elie Cohen revient sur les problèmes de compétitivité de la France, et compare l'Hexagone avec l'Allemagne.
Documents officiels
Ministère de l'Industrie
Etude: Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l’Allemagne
La compétitivité fait retour dans le débat public. La dégradation continue du commerce extérieur français, la nécessité de corriger les déséquilibres intra-européens et la volonté politique d’une convergence franco-allemande y contribuent.
Une étude récente de COE-Rexecode vient nourrir ce débat en présentant un bilan exhaustif des données sur le décrochage français et en faisant du passage aux 35 heures en 1998 le principal facteur explicatif.
Cette explication est-elle à elle seule convaincante ? Rien n’est moins sûr.




Réactions
ungars (non vérifié), le 14/02/2011
Si les 35 heures étaient les seules responsables, ce serait si simple. Mais ce n'est pas le cas. D'abord, nous avons massivement laissé partir à l'étranger nos industries : donc, nous importons massivement ce que nous ne produisons plus ou si peu. Les allemands ont fait le contraire. Ensuite, il y a un sérieux problème de formation professionnelle en France : si on n'est pas capable d'être un pur intellectuel à l'image des classes possédantes, on est considéré comme un idiot, un crétin, un débile, un sous-humain; direction ; l'enseignement professionnel, avec toute l'opprobre et la honte qui accompagnent les malheureux qui y échouent. En Allemagne, "les non-intellectuels" ne sont pas méprisés , au contraire. Résultat, on connaît tous la "qualité allemande", même si à force d'exactions récentes des cadres financiers, on commence à voir une baisse très légère...
J'ai connu des gens qui ont dans leur entourage des personnages issus de nos grandes écoles : tous considéraient les autres comme des idiots, ils le proclamaient haut et fort et agissaient en conséquence. On voit les résultats catastrophiques auxquelles nos entreprises arrivent naturellement. Lisez donc le livre de Vincent Talaouit "ils ont failli me tuer", qui raconte son calvaire chez France-télécom Orange, et vous apprendrez entre autres choses, comme cette entreprise, pathologiquement obsédée par la liquidation radicale de 22000 cadres-fonctionnaires en 3 ans, a complètement raté la révolution de l'internet sur mobile, alors qu'elle avait 4 ans d'avance (et pourquoi ils ont voulu se rattraper en voulant l'exclusivité de l'iPhone pour eux en France...).
En matière de formation professionnelle, sachez que dans un domaine comme l'informatique, il est extrêmement difficile d'obtenir les moindre formation, y compris dans le cadre du D.I.F. passé...35 ans ! Oui, 35 ANS. Après ça, étonnez-vous que nous soyons à la ramasse ! Les SSII préfèrent embaucher des biologistes ou chimistes, pour les former à l'arrache sur COBOL en 4 ou 6 semaines, et les balancer sur une T.M.A. plutôt que d'y mettre des gens plus expérimentés en position d'encadrement et de soutien technique fort, surtout si ces seconds ont 25 ans d'expérience mais seulement...BAC + 2 ! Le monde à l'envers : le jeune blanc-bec à BAC + 5 mais 3 ou 6 mois d'expérience passe avant l'expérimenté de 25 ans. Et avec des résultats à fuir.
La qualité du travail pose problème en France; mon secteur étant l'informatique, je peux dire que j'en vois des vertes et des pas mûres du tout, et si je commence à être blindé, je suis à chaque nouvelel mission "émerveillé" devant la "cratitude" de nombre d'applications y compris très sensibles...Mais comme les BAC + 5 sont là, on est sauvés :(
Alors si les 35 heures ont le dos large, il ne faut pas trop pousser quand même...
UnCas (non vérifié), le 15/02/2011
Quelle posture constructive. Il est sur qu'avec des visions positives comme les vôtres on à envie de recruter du "franchouillard".. et on comprend qu'il est préférable d'implanter à l'étranger avec des profils non pas plus dociles mais juste mieux "cablés"
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