Dans une tribune publiée sur Telos, le sociologue et directeur de recherche au CNRS, Olivier Galland, plaide pour une réponse ciblée au problème du chômage des jeunes qui privilégie les plus défavorisés. Selon lui, le modèle d'entrée dans la vie adulte de l'après-guerre ne peut servir de point de référence.
La situation des jeunes et les moyens de l’améliorer sont un des enjeux importants de la campagne présidentielle qui s’ouvre. Cette situation semble refléter une bonne partie des difficultés et des blocages propres à la société française.
Mais pour bien l’appréhender il faut évidemment produire un bon diagnostic. Une des questions centrales est de déterminer s’il faut mettre en œuvre une action globale en direction de l’ensemble de la jeunesse ou s’il convient plutôt d’adopter une politique ciblée en faveur de certaines franges particulièrement défavorisées.
Certains travaux ont popularisé l’idée d’une « génération sacrifiée », ce qui militerait, si l’on y adhère, pour une action d’envergure en faveur de l’ensemble des jeunes. En réalité, cette thèse est très contestable car elle repose essentiellement sur la comparaison avec une « génération dorée » qui a connu sa jeunesse dans l’après-guerre.
Cette génération a connu une extraordinaire promotion par rapport aux générations d’avant-guerre et à cette aune, les générations actuelles paraissent bien mal loties. Mais les conditions économiques qui l’ont permise étaient exceptionnelles et ne se reproduiront pas à un horizon prévisible. Conserver ce point de référence comme norme n’a donc pas grand sens, sauf à considérer que toute nouvelle génération est traitée de façon inique.





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