Biocarburants pour l'aviation : une illusion ?

-A +A

Les compagnies aériennes se sont engagées à accroître l'utilisation de biocarburants dans l'espoir de contribuer au respect des promesses du secteur sur une croissance neutre en carbone. L'UE prévoit pour 2050 que les « carburants durables à faibles émissions de carbone » représenteront 40 % des carburants utilisés dans l'aviation.

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

Afin de réduire sa dépendance face au pétrole importé et de lutter contre le changement climatique, l'UE s'est engagée à augmenter la part des carburants renouvelables dans les transports à 10 % d'ici 2020, notamment via l'utilisation de biocarburants, d'hydrogène et d'électricité verte.

Dans le secteur du transport aérien, des tests de vol ont déjà prouvé que les biocarburants pourraient représenter une alternative au kérosène. En 2009, le secteur s'est engagé à remplacer 10 % de sa consommation totale en carburant par des biocarburants d'ici 2017.

Inquiète suite aux mises en garde sur la possibilité que la production d'agrocarburants puisse mener à une déforestation de masse et à des pénuries alimentaires, l'UE a précisé que seuls les biocarburants qui satisferaient des critères de durabilité stricts seraient autorisés sur le marché.

La directive de l'UE sur les énergies renouvelables, approuvée par les dirigeants européens en décembre 2008, oblige l'Union à s'assurer que les biocarburants permettront une réduction d'au moins 35 % des émissions de carbone en comparaison avec les carburants fossiles. Ce chiffre grimpe à 50 % pour 2017 et à 60 % pour 2018 (EurActiv 05/12/08).

Ces critères ont été présentés comme un moyen de s'assurer que les cultures énergétiques ne remplaceront pas d'autres cultures (modification indirecte de l'affectation des sols).

Toutefois, des biocarburants réellement « verts » ne devraient pas arriver sur le marché à une échelle commerciale suffisamment importante avant 2015, au mieux.

Les inquiétudes soulevées par les biocarburants ont dissuadé la Commission européenne de faire des prévisions quant à la contribution potentielle des biocarburants aux objectifs sur les énergies renouvelables de l'UE, laissant cette option au seul secteur de l'aviation.

Cette décision a suscité de vives critiques de la part du secteur qui qualifie les actuels financements des gouvernements pour les biocarburants de dérisoires.

Publicité