Les aides publiques pour les aéroports régionaux au cœur du débat

  

Les régions d'Europe et les petites compagnies aériennes réclament que la Commission européenne mette en place des règles plus flexibles pour le soutien gouvernemental des aéroports qui ne font pas partie des grands nœuds aéroportuaires. Ces aéroports représentent selon eux des soutiens économiques vitaux pour les communautés et les îles.

Cette année, l'exécutif européen révisera ses lignes directrices sur le financement des opérations des compagnies aériennes et des aéroports. En outre, suite à des accusations de laxisme dans l'application des règles en vigueur, il a récemment ouvert une enquête sur les aides publiques versées aux aérodromes dans au moins cinq pays.

Selon les chiffres de la Commission, il existe plus de 460 aéroports dans l'UE et 77 % d'entre eux sont des entreprises publiques. Plus de la moitié de ces aéroports perdent de l'argent. Les petites structures sont particulièrement menacées, dans la mesure où elles ne bénéficient que de revenus limités issus des droits d'atterrissage et des établissements commerciaux au sein de l'aéroport.

« Les aéroports régionaux rencontrent des difficultés majeures, surtout ceux qui accueillent moins de 1 million de passagers », a déclaré Christoph Köppchen, manager au bureau européen du Conseil international des aéroports.

Près de la moitié des aéroports de l'UE accueillent moins d'1 million de passagers chaque année.

M. Köppchen a affirmé que les lignes directrices de l'UE de 2005 sur les aides publiques (actuellement en révision) représentaient un fardeau pour les aéroports régionaux. Ils sont par exemple obligés d'informer la Commission des futurs investissements publics, une procédure de contrôle qui, selon lui, limite la flexibilité sur un marché où la concurrence est rude.

M. Köppchen a tenu ces propos hier (12 avril) lors d'une conférence au Comité économique et social européen sur la manière dont les politiques de l'UE affectent les aéroports et services aériens régionaux. Dans les 20 ans suivant la libéralisation du secteur aérien européen, des règles promulguées en 1994 et 2005 ont établi des lignes directrices selon lesquelles les aides publiques ne doivent pas fausser la concurrence entre les aéroports et les compagnies aériennes.

Les représentants des transporteurs et aéroports régionaux présents à l'évènement du Comité économique et social européen ont en outre expliqué que les petits aérodromes représenteraient des alternatives aux grands aéroports européens, comme Londres, Paris, Francfort et Amsterdam, qui pourraient être confrontés à l'impossibilité d'élargir leurs activités dans les vingt ans à venir.

Clause de caducité

Certains acteurs du secteur se demandent toutefois si les lignes directrices sont suffisamment respectées et remettent en question l'utilité des subventions.

« Il nous semble difficile d’accepter que certains aéroports se voient attribuer des aides pour des périodes indéterminées », a déclaré Athar Husain Khan, secrétaire général adjoint de l'Association des compagnies aériennes européennes. « Il faudrait introduire une clause de caducité. »

Il a expliqué que l'AEA soutenait un « développement régional durable » qui ne donnerait pas lieu à des conditions de concurrence déloyales pour les grands aéroports et les principaux réseaux de transporteurs.

M. Khan a cité en exemple la proximité de cinq aéroports régionaux et communautaires, à savoir Luxembourg, Strasbourg et les aérodromes allemands de Saarbrüken, Zweibrücken et Frankfurt Hahn.

« Est-ce une façon judicieuse d'utiliser les fonds nationaux et régionaux ? », a-t-il demandé. « Je dirais que non. »

L'enquête menée par l'exécutif européen implique des aéroports régionaux autrichiens, belges, français, allemands et suédois. Elle porte également sur les aides publiques accordées à des compagnies aériennes nationales en Hongrie et à Malte. Saarbrüken et Zweibrücken, qui sont situés à 39 km de distance et accueillent moins d'1 million de passagers par an, font partie des structures concernées.

Des représentants de Brussels Airlines, une compagnie belge privée, ont déploré que les aides publiques du gouvernement accordées à l'aérodrome régional de Charleroi, une plateforme importante de Ryanair, donnent au transporteur irlandais un avantage anti-concurrentiel.

La Commission a annoncé le mois dernier qu'elle rouvrait son enquête sur les aides publiques accordées à Ryanair pour le lancement de ses activités à Charleroi. En 2008, une décision de la Cour européenne a annulé celle de l'exécutif européen de réclamer à Ryanair une partie de l'argent versé. 

Prochaines étapes: 

 

  • 2012 : la Commission européenne devrait réviser ses lignes directrices sur les aides publiques allouées aux aéroports.
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