Les voitures polluantes, telles qu'elles existent actuellement, devront avoir complétement disparu des villes en 2050. C'est l'un des objectifs ambitieux fixé par la Commission européenne dans son Livre blanc sur les transports présenté en mars 2011. Mais, certaines collectivités territoriales considèrent que l'éxecutif n'a pas fait entièrement son travail, au risque de compromettre le succès de la stratégie.  

Lors d'un débat organisé par le Conseil régional d'Ile-de-France, mardi 24 janvier, Philippe Sainsard, élu de la Région, a regretté que l'Union européenne n'ait pas proposé de mettre en place des outils pour mesurer les progrès faits par les centres urbains. Après avoir rappelé que l'Ile-de-France intégrait ces instruments de mesures dans son plan de déplacements urbains, il a déclaré qu'il serait utile de généraliser ce type d'approche dans tous les pays de l'Union.

Concurrence faussée

S'entendre sur des outils de mesures communs au niveau européen est essentiel, non seulement pour atteindre les objectifs en matière de protection environnementale, mais aussi pour éviter une distorsion de concurrence entre les différentes collectivités territoriales, a ajouté le directeur général adjoint du Conseil régional Jean-Claude Gaillot.

La Commission se penche sur la question

Du côté de la Commission, on affirme "travailler sur le sujet". Mais, des outils de mesure ne devraient pas être proposés avant le deuxième trimestre 2013, a déclaré Daniela Rosca de la direction générale Mobilité et transports. Un délai bien trop long, estime Philippe Sainsard, qui craint que la situation actuelle ne décourage certains et diminue les efforts faits par l'ensemble des acteurs locaux. L'enjeu des transports verts est crucial et "on n'a pas le temps de se dire dans dix ans qu'on n'a pas pu faire le maximum", a-t-il lancé.

Défi général

L'évaluation des politiques publiques est un sujet important pour l'Union européenne qui fait face aux mêmes types de problème en matière d'efficacité énergétique ou d'énergies renouvelable, a rappelé la chef de la représentation de la Commission européenne en France Anne Houtman.

Au plan mondial, ces défis se posent également, par exemple aux pays adhérents au Protocole de Kyoto, qui peinent à s'entendre sur la manière dont les réductions d'émission de gaz à effet de serre doivent être mesurées.