En cas de véto européen à l'adhésion turque, le négociateur en chef d'Ankara affirme que son pays pourrait persévérer, à l'image du Royaume-Uni lors de son entrée dans l'UE, ou ne pas devenir membre de l'Union, à l'instar de la Norvège.
Revue de presse
EurActiv.com
Turkey offers referendum gamble to EuropeAgence France Presse
Turkey's government faces referendum testLe Figaro
Les entreprises françaises implantées en Turquie craignent un boycott commercialRue 89
Turquie : un pays émergent où la France décrocheRadio France International
Des accords économiques entre la Turquie et la Grèce, mais les différends persistentObservatoire de la Vie Politique Turque
Turquie : large victoire du «Oui» lors du référendum du 12 septembre.
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Référendum sur la réforme de la Constitution en TurquieInstitut de relations internationales et stratégiques
Une nouvelle politique extérieure de la Turquie… Vous avez dit nouvelle?
Positions
Egemen Bagis, qui pilote les négociations concernant l’entrée de la Turquie dans l’UE, a évoqué, lors d'une rencontre avec la presse à Bruxelles le 29 septembre, des moyens pour débloquer la demande d’adhésion d’Ankara. Il a appelé les Etats membres de l’Union européenne à organiser des référendums portant sur l’adhésion de son pays à l’UE. Il a ajouté que la Turquie pourrait également choisir de consulter ses citoyens. La Turquie veut mettre officiellement le «statut norvégien» (lire contexte) sur la table des négociations.
Bagis, qui dirige l'un des principaux partis turcs, l’AKP, a fait référence à la Norvège à plusieurs reprises, qui a terminé ses négociations d’adhésion, mais décidé de ne pas rejoindre l’Union. Par deux fois, en 1972 et en 1994, deux référendums ont en effet donné raison aux opposants d’une entrée de la Norvège dans l’UE.
Egemen Bagis a assuré que la Turquie pouvait être un réel atout pour l’Union européenne, à tel point qu’il redoutait davantage les résutats d’un référendum organisé en Turquie que dans les pays perçus aujourd’hui comme eurosceptiques.
Vers un scénario à la britannique?
« Nous avons un exemple très solide devant nos yeux. Un pays que je suis de très près – la Norvège. Ils ont conduit leurs négociations, ils ont complété leurs réformes, et ils ont choisi de ne pas devenir membre », a remarqué Egemen Bagis.
« Le jour où nous aurons complété nos négociations, nous ne serons plus le même pays, exactement comme la Turquie actuelle n’est pas le même pays qu’il y a 51 ans, lorsque nous avons soumis notre candidature pour la première fois. Et je ne sais pas ce que la nation turque va décider – tout comme je ne sais pas ce que la population de certains Etats membres va décider », a-t-il ajouté.
«Peut-être que, comme ce fut le cas pour le Royaume-Uni, notre adhésion fera face à un véto. Mais si c’est le cas, comme le Royaume-Uni, nous continuerons à faire preuve de détermination, et nous deviendrons membres [de l’UE]. (…) Ou comme la Norvège, nous ne deviendrons pas membre, mais nous serons intimement liés à l’Union européenne», a affirmé le négociateur turc.
Interrogé par EurActiv.com pour savoir si la Turquie accepterait une situation dans laquelle, par exemple, les Français répondraient au référendum sur l'élargissement par la négative, M. Bagis a répondu : « Bien entendu, pourquoi pas ? Parce que nous prenons des décisions en fonction des conséquences qu’elles peuvent avoir. Les Français agiront en fonction de l’intérêt de leur pays, lorsqu’ils se rendront aux urnes, et notre peuple calculera notre intérêt, soit notre intérêt personnel. »
« Cependant, je pense que lorsque nous aurons clôturé les négociations, l’approche des Français ne sera pas la même que celle qu’ils ont actuellement. Je crois fermement que lorsque nous aurons achevé les négociations, les Etats membres feront pression afin que les Turcs deviennent eux aussi membres de l’Union européenne», a-t-il ajouté.
11% de croissance
Egemen Bagis a affirmé que la Turquie avait énormément à offrir à l’UE et pourrait soulager l’Union de certains de ses fardeaux, au lieu d’en amener de nouveaux. Il a, en particulier, mentionné le facteur démographique, ainsi que le facteur économique.
« Durant le premier trimestre 2010, l’économie turque a connu une croissance de 11,8%. Au deuxième trimestre, la croissance s’est établie à 10,8%. Selon les calculs de l’OCDE, nous continuerons à faire partie du trio de tête des économies mondiales qui croissent le plus rapidement jusqu’en 2017. Le revenu par habitant en Turquie a triplé dans les huit dernières années. C’est une réussite sans précédent sur le continent », a-t-il dit.
Interrogé sur la raison du blocage des chapitres d’adhésion, le négociateur turc a très vite pointé Chypre, qu’il a appelé «Chypre du Sud», la Turquie ne reconnaissant pas ce pays. Il a affirmé que les positions de Chypre allaient à l’encontre des intérêts de ses habitants.
« Si j’étais Chypriote, je voterais pour l’adhésion de la Turquie à l’UE encore plus que le négociateur en chef de la Turquie », a-t-il dit. « Mettez vous à la place d’un Chypriote. Un pays comptant 600 000 habitants, estimant un pays comprenant 70 millions d’habitants, avec la plus grande armée d’Europe, la sixième économie d’Europe et la troisième économie se développant le plus rapidement au monde », a-t-il dit.
POSITIONS
Invité par EurActiv.com à commenter l’idée de «statut norvégien», et de la mise en place de différents référendums, le coordinateur international de l'association des Industries et Entreprises de Turquie (Tusiad), Bahadir Kaleagasi, a affirmé que du point de vue des entreprises turques, il était inacceptable de ne pas prendre part au processus de décision européen.
« Actuellement, la priorité des Etats membres devrait être de fixer une date objectif pour l’adhésion. Les référendums pourraient alors devenir un sujet de débat lorsque la Turquie remplira les conditions d’adhésion et si l’UE continue à être attractive en tant que modèle de crédibilité démocratique, de paix, de compétitivité économique et de développement social », a-t-il ajouté.
Contexte
Le président turc Abdullah Gül a fait mention pour la première fois de la « formule norvégienne » en octobre 2009, dans un discours qu’il a tenu en Azerbaïdjan à l’occasion du 9ème Sommet des dirigeants des pays turcophones.
M. Gül a affirmé : « Le plus important n’est pas d’entrer dans l’Union mais d’en adopter les règles. Nous devons adopter ces règles de nous-mêmes, et non sous la pression de l’UE. En faisant cela, la Turquie sera changée, de même que les attitudes de la France et de l’Allemagne. Lorsque nous atteindrons les standards de l’UE, peut être ferons nous ce que la Norvège a fait, et resterons nous indépendants de l’Union. »





Réactions
Anonyme (non vérifié), le 01/10/2010
Concernant le titre de votre article:
La Turquie, qui -faut il le rappeler?!- n'est PAS un pays européen, n'a rien à "demander" aux pays et gouvernements européens.
Ce pays ASIATIQUE/MOYEN ORIENTAL doit entretenir avec l'UE des relations de bon voisinage et continuer à développer un partenariat avec nous qui sera fondé sur des intérêts réciproques équilibrés.
Rien de plus ...
Anonyme (non vérifié), le 10/05/2012
C'est vrai que la Guyane française est, géographiquement, beaucoup plus européenne que l'Asie mineure. Ah, juste un mot : le Moyen-Orient est APRES le Proche-Orient et Istanbul n'est PAS en Asie.... Monsieur le Prof !
Cem77/France (non vérifié), le 01/10/2010
Des politciens de l'UE ainsi que des experts ont déclaré que Mr Srakozy, Mme Merkel et la Grèce se cachent derrière le problème chypriote pour geler les négociations UE-Turquie (par ailleurs, des observateurs du dossier chypriote au parlement de l'UE ont faire part de leur étonnement face au comportement de politiciens chypriotes grecs, qu'ils ont qualifié de "comportement digne de pays du tirs-monde).
L'UE bloque déjà 8 chapitres car la Turquie n'autorise toujours pas les navires et avions chypriotes grecs à entrer sur son territoire (la Turquie a maintes fois répété qu'elle donnera son autorisation dès que l'UE aura tenu sa promesse d'avril 2004 de lever les embargos infligés aux Chypriotes turcs. Mais les Chyproites grecs, avec l'appui honteux de Mr Sarkozy et de Mme Merkel, font tout pour empêcher le parlement de l'UE de voter pour la levée de ces embargos. Voici mes précédents articles au sujet du problème chypriote: cliquez ici http://turkey.blogactiv.eu/2010/03/05/la-turquie-lunion-europeenne-et-le... et là http://turkey.blogactiv.eu/2010/05/21/notre-planete-et-ses-problemes-son... ou encore ici http://turkey.blogactiv.eu/2010/04/23/la-turquie-satisfaite-la-grece-mec... ).
Les Chypriotes grecs en bloquent 6. Satisfaits les Chypriotes grecs. Satisfaite l'UE. Car les Chypriotes grecs sont devenus le nouvel instrument de plusieurs politciens de l'UE pour mettre des bâtons dans les roues de la Turquie. Auparavant c'était la Grèce (qui est devenue membre de la CEE/l'UE grâce à Valérie Giscard d'Estaing, qui n'a jamais caché son aversion de la Turquie). Aujourd'hui, les Chypriotes grecs ont pris la relève. Eux qui votèrent massivement "Non" en 2004 au plan de paix Annan pour la réunification de Chypre (en raison de la minutieuse propagande pour le "Non" du gouvernement chypriote grec de l'époque, qui a trahi Günter Verheugen et une partie de l'UE, puisqu'il leur avait assuré qu'il ferait tout pour quele "Oui" l'emporte).
Donc, l'UE bloque 8 chapitres à cause du problème chypriote. Mais Comme si ça ne suffisait pas, les Chypriotes grecs en bloquent 6 (et l'UE ne s'en plaint guère). Alors, pourquoi Mr Sarkozy en bloque 5? Quelle est la raison officielle invoquée?
Il paraît que Mr Sarkozy bloque à lui tout seul ces 5 chapitres sont d'une importante cruciale: s'ils sont ouverts il sera alors très difficille d'empêcher la Turquie de devenir membre de l'UE.
Mais, à nouveau, comment justifie-t-il officiellement ce blocage illégal?
Au lieu de divertir les citoyens français et de l'UE concernant l'adhésion de la Turquie à l'UE (qui ne sera possible que vers 2016-2020 - Mr Sarkozy ne sera donc pas concerné puisqu'il ne sera plus là), au lieu de s'en prendre à des gens sans défense en France, Mr Sarkozy devrait enfin se mettre au travail et résoudre nos problèmes tels le chômage ou l'environnement. Mais étant donné qu'il n'est pas en mesure de proposer des solutions à ces problèmes, il préfère faire diversion avec le sujet de l'adhésion de la Turquie à l'UE (et plus excatement, de la perspective d'adhésion de la Turquie à l'UE) et amuser la gallerie.
Amicalement vôtre,
Cem77
PS: je propose aussi cet autre article: http://turkey.blogactiv.eu/2010/04/07/la-turquie-l%e2%80%99ue-angela-mer...
frangipanier123 (non vérifié), le 01/10/2010
Pour enfoncer le clou: il n'ya pas lieu de négocier l'adhésion de la Turquie à l'UE. Ce serait aussi stupide que d'envisager celle du Maroc, du Canada ou de l'Indonésie.
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