Touchée sévèrement par le contentieux sur le gaz qui oppose la Russie et l’Ukraine, la Bulgarie est prête à remettre en marche l'un des réacteurs nucléaires de sa centrale de Kozloduy, dont la fermeture était l’une des conditions de l’adhésion du pays à l’UE.
Alors que les livraisons de gaz à destination de la Bulgarie et en provenance de la Russie ont été complètement coupées dans la nuit du 5 au 6 janvier (EurActiv.com 06/01/09), le président bulgare, Georgi Parvanov, a déclaré le 6 janvier que selon l’article 36 du traité d’adhésion du pays, les réacteurs fermés pouvaient être réactivés en situation de crise comme celle que le pays traverse actuellement.
Sans mentionner spécifiquement la centrale nucléaire de Kozloduy, l’article indique que pendant une période de trois ans après son adhésion (la Bulgarie a rejoint l’UE en janvier 2007), si des difficultés sérieuses et persistantes apparaissent dans un domaine de l’économie, la Bulgarie pourra demander l’autorisation de prendre des mesures de protection afin de rectifier la situation et d’ajuster le secteur concerné à l’économie du marché intérieur.
D’après la presse bulgare, une équipe d’experts travaille déjà à la centrale de Kozloduy pour redémarrer les réacteurs. Ivan Genov, directeur de la centrale, a déclaré qu’il faudrait un mois pour redémarrer l’unité quatre, fermée lors de l’entrée de la Bulgarie dans l’UE le 31 décembre 2006.
Aucun commentaire de la Commission
Selon la constitution du pays, le président bulgare ne peut prendre seul une décision sur des questions telles que le redémarrage des unités fermées de Kozloduy. Le Premier ministre Sergey Stanishev a jusqu’à présent gardé le silence sur cette question.
Un porte-parole de la Commission européenne a indiqué hier qu’il ne ferait aucun commentaire sur la réouverture des unités de Kozloduy tant que l’exécutif européen ne recevait pas de demande officielle de la part de la Bulgarie. Il a reconnu que le pays se trouvait en situation de crise, mais a indiqué que le groupe de coordination pour le gaz de l’UE devait se rencontrer le 8 janvier pour examiner les répercussions de la crise. Des décisions visant à répondre aux problèmes du pays ne seront adoptées qu’à l’issue de cette rencontre, a-t-il expliqué.
POSITIONS :
Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a déclaré, le 6 janvier, que le gouvernement de son pays considère inacceptable le fait que les consommateurs européens paient le prix de la querelle en cours entre la Russie et l’Ukraine. M. Gyurcsany a ajouté que la Hongrie soutenait à la fois le projet de gazoduc South Stream et celui de Nabucco, donnant néanmoins priorité au second.
Dans un courrier à ses homologues russe, ukrainien et tchèque, M. Gyurcsany a déclaré que le problème n’était plus simplement une question de conflit commercial, mais de relations entre l’Union et ses voisins à l’Est.
CONTEXTE:
En 1992, lors d’un sommet du G7, il avait été décidé que les réacteurs un, deux, trois et quatre de la centrale nucléaire de Kozluduy, ainsi que la centrale de Bohunice en Slovaquie et celle de Ignalina en Lituanie devaient être fermés car ils présentaient un niveau de risque élevé.
En 1999, à la suite de fortes pressions de Bruxelles dans la perspective de l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE, la Bulgarie avait accepté de fermer les unités de réacteurs un et deux. Parallèlement, la Bulgarie avait modernisé les réacteurs trois et quatre affirmant qu’ils ne présentaient pas de danger. En octobre 2002, Sofia avait cependant accepté de fermer les unités trois et quatre à la veille de l’adhésion du pays à l’UE. Une décision qui avait considérablement contribué à conclure les négociations.
Les réacteurs cinq et six de la centrale nucléaire de Kozloduy, construite par les Russes, ont été considérés comme étant sans danger et continueront à fonctionner.
La Bulgarie reçoit 100 % de ses approvisionnements de gaz de la Russie et ne produit pratiquement pas de gaz. Le pays dispose d’une seule capacité de stockage, dont les réserves sont limitées.



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