Auditionné par les commissions chargées des affaires étrangères et européennes de l’Assemblée nationale, le premier ministre de la Croatie, Ivo Sanader, a souhaité que le problème de la délimitation des frontières avec la Slovénie ne constitue plus un frein à l’adhésion de son pays à l’UE.
Revue de presse
Le tracé des frontières entre la Croatie et la Slovénie ne doit plus gêner le processus d’adhésion. C’est en substance ce qu’a déclaré le premier ministre croate, Ivo Sanader, devant les commissions chargées des Affaires étrangères et européennes de l’Assemblée nationale jeudi 19 février. Revenant sur la question de l’adhésion de son pays à l’Union Européenne, le premier ministre a martelé que « si la Slovénie a pu adhérer à l’UE avec ses petits problèmes de tracés de frontières non réglés en 2004, il devrait en être de même pour la Croatie ».
Le 19 décembre dernier la Slovénie s’est opposée à l’ouverture d’un nouveau chapitre de négociation pour l’entrée de la Croatie dans l’UE. Le veto slovène trouverait sa source dans un problème de tracé de frontières maritimes entre les deux pays, à la suite de l’effondrement en ex Yougoslavie. Le tracé proposé par la Croatie à Bruxelles ne permettrait pas à la Slovénie d’accéder aux eaux territoriales internationales et l’obligerait à utiliser les eaux croates ou italiennes.
Interpellé par le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Axel Poniatowski, sur le choix d’une résolution politique ou juridique du conflit, M.Sanader a jugé « qu’une solution politique n’est jamais bonne ». « Une solution juridique durable » doit lui être préférée, selon le premier ministre, faisant référence au souhait croate de faire trancher la question par la Cour de Justice Internationale de La Haye.
M.Sanader a enfin déclaré, que la Croatie « s’engagera, une fois membre de l’Union, à ne jamais bloquer l’adhésion de ses voisins en raison de questions bilatérales ». Il en a appelé à la « force de la tolérance qui découle de la déclaration Schuman ».
Sur la réforme du système judiciaire croate et la lutte du pays contre la criminalité organisée, qui empêchent également l’adhésion du pays à l’Union, M. Poniatowski a noté « les nombreux progrès » de la Croatie. Il a cependant demandé au premier ministre l’état de la collaboration entre son pays et le procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPI).
M. Sanader s’est réjoui que le procureur du TPI, Mr Brammertz, ait donné « une bonne note à la Croatie » devant le comité des représentants permanents à Bruxelles (Coreper), mercredi 18 février.
Plus généralement, le premier ministre a estimé qu’il était « nécessaire » que le processus d’adhésion aboutisse cette année afin que la Croatie devienne le 28ème Etat membre de l’UE. « Le processus d’intégration doit se poursuivre », a déclaré M. Sanader. Il a estimé que le président français, Nicolas Sarkozy avait donné son accord sur cette idée.
M. Sanader a fait remarquer les « grands progrès déjà accomplis » par la Croatie afin de répondre aux critères d‘adhésion de Copenhague, 11 châpitres ayant déjà été bloqués.
Le président de la commission a estimé qu’une ratification rapide du traité de Lisbonne, espérée avant la fin du mois d’octobre, « favorisera la conclusion de l’adhésion de la Croatie ».
Enfin le député Jérôme Lambert (PS) est revenu sur la question de l’adhésion de la Croatie à l’OTAN. Il a demandé au premier ministre croate qu’elle était sa vision de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Répondant à la question, le premier ministre a indiqué que l’adhésion de la Croatie à l’OTAN contribuerait au développement de la PESD lorsque son pays serait membre de l’UE. La PESD « devrait être de plus en plus émancipée. Cela n’est pas contraire à l’OTAN », a-t-il ajouté.
Les députés français ont voté en faveur de l’entrée de la Croatie dans l’OTAN mercredi 18 février.



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