L’influence de l’UE sur son voisinage étendu, de l’Europe orientale à l’Afrique du nord en passant par l’Asie centrale, n’est pas la même partout. Si elle s’affaiblit à certains endroits, elle présente à l’inverse un potentiel sous-utilisé dans d’autres zones, explique une étude récente publiée par le chercheur Richard Youngs.
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PEV, genèse d'une Europe sans frontières?
L’influence de l’UE sur son voisinage étendu, de l’Europe orientale à l’Afrique du nord en passant par l’Asie centrale, n’est pas la même partout. Si elle s’affaiblit à certains endroits, elle présente à l’inverse un potentiel sous-utilisé dans d’autres zones, explique une étude récente publiée par le chercheur Richard Youngs.
Dans son étude intitulée « La situation désespérée de la démocratie dans le voisinage de l’Europe », présentée à Bruxelles mercredi 20 janvier, Richard Youngs met l’accent sur le débat intellectuel que suscitent en Europe depuis les cinq dernières années certaines réactions violentes contre la démocratie dans le voisinage de l’UE.
Directeur de recherche au sein d’un think tank espagnol, il a rappelé que la Géorgie et l’Ukraine avaient toutes deux exprimé leur ambition européenne. Une avancée qui représente un succès pour l’objectif proclamé de l’UE de diffuser la démocratie au-delà de ses frontières.
« Mais la réticence de l’UE face à l’extension des perspectives d’adhésions officielles a refroidi les incitations aux réformes démocratiques », explique-t-il.
Richard Youngs, chercheur à la Fondation espagnole pour les relations internationales et le dialogue extérieur (FRIDE), a réunit, avec Michael Emerson du Centre pour l'étude des politiques publiques européennes (CEPS), des contributions d’analystes politiques issus de 15 pays différents dans le voisinage de l’UE.
Présentant ses résultats au CEPS, think tank basé à Bruxelles, il a déclaré que l’UE souffrait de « problèmes profonds concernant la réconciliation de son élargissement et de son approfondissement avec la légitimité démocratique ».
« En conséquence, selon les endroits, des choses très différentes se produisent », a-t-il précisé.
« Notre étude distingue deux ensembles de pays », a expliqué quant à lui Michael Emerson, chercheur au sein de l’unité Politique de voisinage du CEPS.
D’abord, certains voisins proches de l’UE - comme les Etats balkaniques, la Turquie, la Géorgie, l’Ukraine, l’Arménie et la Moldavie - connaissent des transitions difficiles vers le modèle de démocratie européen. Le même phénomène se produit d’ailleurs en Roumanie et en Bulgarie, selon les deux analystes, malgré le fait que ces pays aient rejoint l’UE en 2007.
« Mais la démocratie dans ces pays est une réalité », a expliqué Michael Emerson. Il a également insisté sur les élections ukrainiennes de la semaine dernière, qu’il a qualifiées de « propres », pour la première fois, contrairement à ce qui s’était passé il y a encore cinq ans.
« Malgré la présence de gouvernements chaotiques, la démocratie a fait son chemin dans ces pays depuis les décevantes révolutions colorées », a-t-il commenté, voyant là des signes encourageants.
Le second ensemble réunit la Russie, les Etats d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan), la Biélorussie et les pays d’Afrique du nord, où l’on constate au contraire une tendance à la « prolifération dynastique », a affirmé le chercheur.
« Il appartient maintenant aux décideurs politiques européens de tirer les leçons qui s’imposent pour élaborer leur stratégie de promotion de la démocratie », a-t-il ajouté, soulignant néanmoins que la politique de voisinage de l’UE ne correspond pas vraiment à cette catégorisation.
Le chercheur du CEPS a conclu sur le cas des Etats autoritaires sans réelle perspective européenne, pour lesquels on peut raisonnablement s’attendre à une longue période « post-Lumières ».
CONTEXTE:
La politique de voisinage de l’UE (PEV) est destinée à forger des liens plus étroits avec les pays du Sud et de l’Est de l’UE sans leur offrir pour autant une perspective d’adhésion.
A travers cette politique, l’UE entend promouvoir un plus grand développement économique, une plus grande stabilité et une meilleure gouvernance dans son voisinage.






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