Une communication présentée par le sénateur Philippe Marini dresse le bilan détaillé de la situation économique et financière de ces deux petits pays récemment entrés dans l'UE et fortement touchés par la crise.
Le rapporteur général de la commission des finances au Sénat, Philippe Marini (UMP), a présenté mercredi 18 novembre le compte-rendu de ses deux déplacements effectués en octobre 2009 en Lettonie et Bulgarie. Le point commun apparent entre ces deux pays est le grand écart notable entre l’avant et l’après-crise. Le rythme rapide de la croissance lié au processus de rattrapage post-adhésion a été brutalement interrompu par l’arrivée de la crise et la récession.
La double crise lettone
Les coûts de cette croissance exponentielle sont mis en cause par Philippe Marini dans le cas letton. « Les trois années de surchauffe 2006-2008, provoquées par une croissance exponentielle des crédits bancaires et la formation d’une bulle immobilière, ont généré des déséquilibres économiques importants », commente le sénateur.
Le taux d’inflation proche de 18% en 2008, record dans l’Union, a fait échouer le pays aux portes de la zone Euro. Cette surchauffe explique en partie la crise interne qui secoue le pays en 2009 en plus des effets de la crise mondiale.
La principale banque lettonne a du être nationalisée. Le taux de chômage a atteint les 17% en 2009 et les salaires ont chuté.
La crise a été synonyme dans le discours politique de retour à l’orthodoxie budgétaire, mais les promesses ont finalement été impossibles à tenir. Le déficit public en 2009 s’est élevé à 13%.
Le pays doit compter sur l’indulgence des bailleurs internationaux et sur leur soutien financier. Le sénateur parle dans son rapport d’un pays « sous perfusion » : 7,5 milliards d’euros d’aide extérieure, soit 35 % du PIB, dont 3,2 milliards en provenance de l’UE.
Le principal outil de sortie de crise évoqué dans le rapport pour la Lettonie est le maintien d’une politique de restriction. Celle-ci divise la classe politique mais ne provoque pas de tensions sociales majeures.
Certains points positifs sont également mis en avant par le rapporteur, notamment la baisse rapide de l’inflation et la reprise des exportations.
Le mauvais élève bulgare
La Bulgarie se présente au sein du processus d’élargissement comme un cas particulier. Les conclusions du sénateur français concernant aussi bien la situation économique du pays que l’attitude des élites au regard des normes présentes dans l’Union.
Au premier semestre 2009, la chute du PIB s’élève à 4,2 %, le taux de chômage remonte à 8 %, et la consommation recule de 5,8 %. La dette extérieure atteint 107,2 % du PIB. Les analyses fournies par le FMI sur la situation bulgare prévoient un recul supplémentaire de l’activité de 2,5 % en 2010.
La situation financière reste néanmoins sous contrôle, selon les termes du rapporteur, grâce à un secteur bancaire très ouvert aux capitaux étrangers et aux mesures prises par la banque centrale pour améliorer les liquidités.
Le gouvernement s’oriente aujourd’hui fermement vers la rigueur et une gestion globale plus transparente censée l’aider à retrouver la confiance de Bruxelles, choquée par les pratiques encore en vigueur dans l’administration.
La Bulgarie a perdu 800 millions d’euros de fonds européens gelés par la Commission en raison de soupçons de malversation. La relance n’en sera donc que plus difficile. Seule une mise aux normes lui donnera accès à l’espace Schengen et à la zone Euro. Le sénateur met enfin en avant les relations institutionnelles privilégiées qu’entretient la France avec la Bulgarie dans le cadre de nombreux jumelages destinés à accompagner le pays vers des résultats attendus.



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